nzosaba jean bosco

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La sécurité, la justice, le dialogue, quelques points saillants du message à la Nation du président Pierre Nkurunziza, ce mercredi 30 septembre.


Un mois après l’ultimatum de deux mois, le président Nkurunziza affirme que beaucoup d’armes ont été récupérées. Ainsi, le gouvernement demande encore une fois à quiconque en possession illégale d’une arme de la remettre dans un délai ne dépassant pas un mois.

Sinon, avertit le N°1 burundais, celui qui sera attrapé en possession d’arme illégalement répondra devant la justice. Il a rappelé que le Code pénal prévoit deux à dix ans d’emprisonnement et une amende allant de 100.000Fbu à 5millions de Fbu.


20 personnalité ont répondu à l’appel d’Iwacu pour la liberté d’expression et la démocratie au Burundi. Chaque semaine, nous allons mettre à l’honneur un appel lancé par une personnalité. Nous invitons nos lecteurs à débattre avec nous sur les médias burundais. Nous ouvrons cette série par le « Manifeste pour le droit d’aboyer »
De Fabien Cishahayo

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Quand mon ami Antoine Kaburahe m’a demandé d’intervenir pour soutenir les médias burundais, je me suis rappelé un de ses éditoriaux où il évoquait le discours où le président français François Mitterrand rendait hommage à son Premier ministre, Pierre Bérégovoy, après son suicide. C’était en 1993. Le président français parlait alors, en évoquant les médias, de «ceux qui ont livré aux chiens l’honneur d’un homme. » Faisant la pichenette à François Mitterrand, l’éditorialiste revendiquait ni plus ni moins que le droit d’aboyer. En ce moment où notre pays traverse une crise existentielle, qui interroge les bases mêmes de notre vivre-ensemble après la longue parenthèse de sang qu’a constitué la guerre civile, il est urgent pour tous ceux qui défendent l’honneur de penser, pour toutes les forces morales, armature de la société, de prendre publiquement la parole. Pour dire que la raison des plus armés et des plus bruyants n’est pas toujours la meilleure. Pour dire que le droit, les droits, l’aspiration fondamentale des humains à la liberté, ne sont pas de vains mots sur les mille et une collines du Burundi et dans les quartiers de notre capitale. Sinon…sinon on nous demandera un jour : qu’avez-vous fait ou dit quand les ténèbres enveloppaient notre pays en cette année terrible 2015 ? Au tribunal de l’Histoire, nous aurons peu d’avocats ! Nous autres communautés diasporiques, nous aurons d’autant moins de circonstances atténuantes que nous jouissions des privilèges de la liberté dans nos pays d’accueil respectifs. Et qu’une décision arbitraire ne peut pas nous précipiter du jour au lendemain dans le néant.

Comme tous les Burundais, j’avais mes réserves par rapport à l’espace médiatique burundais. Ces réserves ont été renforcées par l’élévation de Bob Rugurika au rang de totem national, comme si d’être martyr de l’arbitraire en faisait nécessairement, automatiquement, un héros. Je me questionnais sur son éthique et je me disais en moi-même que l’éthique de la conviction, dans le genre – « ce que je fais est juste et bon, je sers l’intérêt public, je peux donc prendre des libertés par rapport à la déontologie de ma profession » – ne suffit pas pour dédouaner le journaliste qui, au Burundi comme ailleurs, se refuse à assumer ses responsabilités au sein de la Cité et ses engagements par rapport à ses pairs de la profession, tant il est vrai que, comme dit la sagesse populaire burundaise, l’opprobre qui frappe le mangeur de chien rejaillit sur sa famille tout entière.

J’ai aussi eu à m’interroger sur l’éthique des journalistes burundais quand j’ai lu qu’une journaliste avait présenté comme un milicien rwandais interahamwe le jeune Olivier Nkundabashaka, franco-burundais en vacances à Bujumbura, qui avait été gravement blessé par les manifestants. Je connaissais personnellement ce jeune homme pour l’avoir rencontré à Paris, dans sa famille, en 2013. Alors que la foule déchaînée avait brandi cet innocent comme un trophée, la journaliste s’était défendue en arguant qu’elle ne faisait que refléter les peurs des gens. Je me serais attendue à plus d’élévation de la part d’une personne qui intervient dans le débat public, surtout qu’une vie humaine était en jeu et surtout au regard du respect et de la crédibilité que les Burundais attachent à la profession journalistique.

Mais j’étais convaincu que les armes de la critique, pour utiliser cette métaphore de Karl Marx, c’est-à-dire la parole sincère et le débat collectif et contradictoire sur les pratiques journalistiques, pourraient suffire à corriger les dérives et à prévenir les dérapages. Avec quelques concitoyens, j’avais d’ailleurs proposé d’organiser un colloque dédié à la réflexion sur l’éthique et la déontologie des journalistes en contexte électoral. Ce colloque ne devait jamais avoir lieu pour des motifs que je ne parviens toujours pas à m’expliquer. Mais peut-être, j’en suis convaincu, je trouverai un jour les clés de l’énigme dans les arcanes des administrations burundaises….

… puis vint la critique par les armes

J’étais toujours occupé à ma réflexion sur les armes et les modalités de la critique, une critique que je voulais constructive, quand est intervenue une critique brutale, radicale, la critique par les armes, la critique par le feu, par les grenades, qui vise à anéantir les médias plutôt qu’à les corriger et à les redresser. À ce moment décisif, plus aucune arme de la critique n’est opérante : il faut prendre le parti des médias, de tous les médias, les meilleurs aussi bien que ceux qui ont une éthique relativement élastique. Ceux qui revendiquent leur indépendance comme ceux qui sont adossés à des formations politiques. L’urgence est à la défense et illustration des médias. Quelles qu’aient été leurs limites, quelles qu’aient été leurs insuffisances. Il faut exister pour commettre des erreurs. Il faut être fonctionnel pour dériver ou déraper. Une maison dont on ferme les fenêtres se met à sentir mauvais. Et lentement, insidieusement, les ténèbres s’y installent.

Ce qui doit occuper l’esprit, tous les esprits, c’est la rénovation, pour que de nouveau, la multiplicité des voix sur ce que vivent nos concitoyens permette d’entrevoir la sortie du tunnel, la sortie de la crise politique actuelle. Les médias cessent d’être un problème, mais font partie des solutions à la crise. Il faut redonner son droit de Cité à la parole, pour éviter le dialogue des armes, le fracas des armes. J’ai la faiblesse de penser que l’espace médiatique est l’arène civilisé où ce dialogue du peuple avec lui-même est possible pour donner du sens – dans le sens de direction et de signification – à la vie politique.

On reconnaît les bonnes sources dans la sécheresse…

Il est des médias comme de la lumière. Une lumière faiblarde, blafarde, vacillante, on n’en découvre la valeur qu’une fois qu’elle est éteinte. On passe du temps à s’en plaindre, puis on la regrette quand elle n’est pas là, quand elle n’est plus là. De la même manière qu’une source qui ne donne qu’un modeste filet d’eau est ignorée, jusqu’à ce que la sécheresse frappe. Si la source continue à donner généreusement son modeste filet, elle est célébrée comme la vie.

Le silence des médias burundais réinstitue la rumeur comme la reine de l’Afrique. Dans le brouhaha des réseaux sociaux, où la frivolité le dispute à l’insignifiance, et où le seul fait d’accéder à un écran fait que tout le monde se prend pour une autorité, les médias traditionnels devraient rappeler que la profondeur des analyses permet aux citoyens de donner du sens à ce qui leur arrive. Passeur de sens, le journaliste se fait alors tour à tour traducteur et porte-parole. Il donne la parole à tous les porteurs des différentes perspectives en compétition pour gouverner le pays. Et ce n’est pas parce que certains n’ont pas rempli avec rigueur leur mission qu’il faut disqualifier l’ensemble de la profession. Chaque profession a ses médiocres. Les institutions médiatiques, comme les autres institutions de la République du Burundi, connaissent elles aussi les maladies infantiles de la démocratie.

Le silence des médias est d’autant plus inquiétant que nous faisons face à des échéances dont les enjeux sont cruciaux pour l’avenir de notre collectivité politique. L’État, à qui les politologues reconnaissent le monopole de la violence légitime, se retrouve dans une position où il a non seulement le monopole de la parole légitime, mais pratiquement le monopole de la parole. Cette situation est dangereuse pour tout le monde, y compris pour les ténors de l’État, qui, frappés d’autisme, sont incapables de prendre le pouls du peuple dont ils veulent solliciter les suffrages.

…et les bons amis dans l’adversité

On ne casse pas un miroir parce qu’il donne de nous une image qui ne nous met pas en valeur. On ne casse pas un thermomètre parce qu’il révèle une température qui trahit une poussée de fièvre. C’est parce que les médias sont à terre qu’il faut les soutenir, leur tendre la main. Car si on reconnaît les bonnes sources dans la sécheresse, on reconnaît les bons amis dans l’adversité. Après l’adversité, après cette parenthèse de silence, reviendront notre droit légitime de les vilipender et notre droit de leur demander des comptes au sujet de l’usage qu’ils font de la parole publique.

Si c’est la démocratie et non son contraire, la tyrannie, qui est à l’agenda politique de nos dirigeants, il convient de rappeler que les médias sont consubstantiels à toute démocratie, qu’ils sont un rouage essentiel des démocraties libérales modernes, qu’ils fournissent l’oxygène sans lequel le corps politique ne saurait respirer. Il faut rappeler constamment ces liens insécables, entre la démocratie et les médias, qui ont fait dire au 3ème président américain, Thomas Jefferson : « Si j’avais à choisir entre un gouvernement sans médias et des médias sans gouvernement, je choisirais sans hésiter la deuxième solution». En somme, et pour contrarier Honoré de Balzac, si les médias n’existaient pas, il faudrait les inventer. C’est peut-être une des leçons que nous aurons tirées de cette parenthèse ouverte par les forfaits commis contre les médias, parenthèse que nous ne sommes pas toujours parvenus à fermer en restituant à nos radios et à nos télévisions privées le droit d’alimenter notre conversation collective sur l’avenir de la Cité.
Fabien Cishahayo, Ph.D.
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Fabien Cishahayo a une formation en langue et littérature françaises (licence, Université du Burundi) et une formation en sciences de la communication (Maîtrise et doctorat, Université de Montréal). Contributeur régulier de la Voix de l’Amérique depuis 2003, il a enseigné les sciences de la communication dans plusieurs universités canadiennes. Il est pour le moment chargé de cours au département de communication de l’Université de Montréal et employé à temps partiel au ministère de la Défense du gouvernement du Canada.


Le gouvernement burundais a sollicité ce mardi 29 septembre l’Eglise catholique et la Communauté islamique du Burundi pour faire partie de la CNDI (Commission nationale du dialogue inter-burundais). Le lancement de ses travaux est annoncé pour bientôt.

A l’issue de son entretien avec le premier-vice président de la République Mgr Evariste Ngoyagoye, vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Burundi, fait savoir que les évêques prendront position après s’être concertés. «Il a souhaité qu’un membre de l’Eglise catholique fasse partie de cette commission, la réponse est que nous allons en parler avec les collègues.»

Après cet évêque, Gaston Sindimwo a reçu le représentant légal de la Comibu, El Hadj Saïd Kajandi pour la même question du dialogue inter burundais. Ce dernier s’est dit prêt à soutenir ce processus. «Si ce dialogue respecte la loi, nous le soutiendrons même si nous sommes sollicités la nuit. Si c’est pour la paix, la Communauté islamique du Burundi répondra à l’invitation. Nous sommes prêts à apporter notre contribution à ce dialogue.»

Selon Saïd Kajandi, la communauté islamique a été pendant longtemps exclu. «C’est une bonne initiative de nous associer.»

 


Jeudi 24 septembre, les musulmans fêtent l’Aïd El Kebir. A Bujumbura, le prix des moutons et des chèvres monte en flèche tandis que les fidèles se serrent davantage la ceinture.

A la veille de la fête du mouton, les clients désertent les marchés inondés par les moutons et les chèvres ©IwacuA la veille de la fête du mouton, les clients désertent les marchés inondés par les moutons et les chèvres ©Iwacu
« De 50.000Fbu, le prix d’une chèvre ou d’un mouton moyen a augmenté jusqu’à 120.000Fbu, voire plus », déplore Youssouf, un musulman de la zone Bwiza, commune Mukaza, la veille du l’Aïd El Kebir (la Fête du mouton). Dans la commune Ntahangwa, zone Gihosha, à une vingtaine de mètres du Boulevard du 28 novembre, derrière l’Ecole Technique Secondaire (ETS), se trouve un marché des moutons et des chèvres. Il est 10h. Contrairement aux années passées, les clients ne se bousculent pas, loin s’en faut.

« Depuis le matin, je n’ai vendu aucun mouton. Nous avions l’habitude d’avoir des clients arabes, mais actuellement les choses ont changé », s’inquiète Simon Nyabenda, un vendeur de moutons et de chèvres soulignant que la crise que vit le Burundi est à l’origine de cette mévente. Beaucoup d’Arabes ont fui le pays, estime-t-il, ajoutant qu’accablés par un chômage, les Burundais ne privilégient pas les fêtes.

« J’avais investi plus d’un million Fbu espérant que j’aurai des clients. Et voilà, le marché est inondé de vendeurs seulement », confie un d’entre eux, maudissant de tous les cieux ceux qui ont plongé le pays dans la crise.

De leur côté, les rares clients sur place accusent les vendeurs d’être des spéculateurs. « Rien ne peut expliquer la montée exponentielle des prix dans moins de deux jours », déplore Asman Ndayishimiye, affirmant qu’avec ses 70.000Fbu, il n’a pas pu trouver un mouton pour la fête. Il reconnaît, néanmoins, que cette fête survient dans des circonstances où la pauvreté est une réalité dans le pays. « Certaines gens ne parviennent pas à manger une seule fois par jour. »

Il signale en principe que « tout musulman devrait égorger à cette occasion un mouton, comme le recommande le Coran », exception faite pour les plus démunis.

Du côté des responsables religieux, il faut fêter dans la sobriété. « Dans une situation de pauvreté extrême, nous conseillons aux musulmans de privilégier la prière, une occasion de supplier Allah afin de retrouver la paix et la stabilité dans notre pays », déclare El Hadj Haruna Nkunduwiga, directeur du Centre Islamique de Bujumbura, appelant, néanmoins, les riches à penser aux pauvres.

El Hadj Haruna Nkunduwiga souligne que dans la tradition musulmane, l’aïd el-Kebir commémore la soumission d’Ibrahim à son Dieu en décidant de sacrifier son fils Ismaël. « Elle marque également la fin du Hajj, pèlerinage aux lieux saints de La Mecque», explique-t-il.

 


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