RAPPORT D’OBSERVATION DE LA GOUVERNANCE AU PREMIER SEMESTRE 2010 : Elections controversées et risques

mercredi 1er septembre 2010,par Jean Bosco Nzosaba

Résumé exécutif Les préparatifs et l’organisation d’une série d’élections émaillées de contestations de fraudes ont, plus que tout, fortement marqué le premier semestre 2010. Le calendrier annonçait la tenue d’élections communales (24 mai 2010), d’élections présidentielles (28 juin 2010), qui allaient être prolongées, au second semestre, par 3 autres élections (les élections législatives, les élections sénatoriales et élections collinaires). Il est ensuite apparu une bipolarisation du débat politique, caractérisée par la formation de camps irréconciliables : un camp des vainqueurs des élections communales autour du parti CNDD-FDD et de celui des déçus de ce processus électoral, regroupés dans la coalition de « l’Alliance des Démocrates pour le Changement », ADC IKIBIRI en sigle, dénonçant « les falsifications » et l’attitude de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Dans la situation de dialogue de sourds qui tendait à s’installer et où les camps antagonistes avaient investi toutes leurs forces dans la bataille, il a fallu la prise de position de la communauté internationale. Cette dernière estimait alors qu’il fallait préserver les acquis de la consolidation de la paix et considérait les récriminations des perdants comme un moindre mal, au risque d’aboutir à des élections très controversées et à une régression de la démocratie. Durant cette période, le Parlement en fin de mandat et qui était parvenu à faire taire toute voix discordante, a poursuivi l’adoption de projets de lois dans une grande sérénité, au moment où l’Exécutif affichait, de temps à autres, des signes d’absence de cohésion, surtout à l’évocation de certains dossiers, comme celui en rapport avec la mauvaise gestion de la Société Sucrière du Moso, « SOSUMO en sigle ». Le contexte général est aussi resté celui où les violences ont constamment fait parler d’elles. Des atteintes à l’intégrité physique des personnes et des biens ont régulièrement été enregistrées, particulièrement au cours de la période électorale, avec des assassinats de membres de partis politiques. Des tentatives de déstabilisation des institutions ont également été rapportées, tantôt sous forme de coup d’Etat, tantôt sous forme de malaise social, si bien que l’authenticité des actes dénoncés est restée un point d’interrogation.
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