Analyse de la problématique d’accès à l’information administrative et aux services publics au Burundi

jeudi 28 juillet 2011,par Jean Bosco Nzosaba

Au Burundi, l’information publique est déficitaire. Ce qui est à l’origine de l’inaccessibilité aux services généralement offerts par l’administration publique. Ainsi par exemple, le citoyen lambda se présente au poste de police pour porter plainte d’une affaire civile de délimitation de propriété foncière. Le chef de poste le reçoit et se permet de lui infliger une amende ou tout simplement, il met en détention la partie accusée sans autre forme de procès. Tout le voisinage assiste à cela et ne constate rien d’anormal parce qu’il n’est pas informé sur les procédures élémentaires. L’administration ne lui a jamais expliqué du champ d’action de la police qui se limite au domaine pénal.

C’est dans ce contexte qu’il importe d’analyser l’état des lieux de l’accès à l’information administrative et aux services publics. Le choix porte sur trois secteurs essentiels de la vie du pays, à savoir l’éducation, la justice et la santé. Un tel choix se justifie par la place que ces trois domaines occupent aussi bien au niveau de la population qu’au niveau des pouvoirs publics.

En effet, la population est constamment en sollicitation de ces services de par leur importance dans la vie de tous les jours. Ce sont des domaines vitaux pour la population et dont la satisfaction est difficilement réalisable. L’accès à l’éducation pour tous est encore loin d’être réalisé. Il est de même de l’accès à la santé et à la justice.

Le Gouvernement du Burundi quant à lui, accorde une place importante à ces trois secteurs, surtout à l’éducation et à la santé. Ceci se traduit par la politique publique dans ces deux secteurs dont celle relative aux gratuités offertes, notamment pour les soins de santé des enfants moins de 5 ans et des soins de maternité, pour la scolarisation à l’école primaire ainsi que pour le volume des investissements dans la construction des infrastructures.

Le secteur de la justice est un domaine particulier au Burundi. Il est très sensible pour tout le monde, les dirigeants et les dirigés tous confondus, eu égard à l’histoire burundaise traversée par de nombreuses situations d’impunité qui ont conduit le pays dans de nombreux drame. Il est donc intéressant de l’analyser au même titre que les deux autres secteurs sur le plan de son accessibilité par tout le monde.

Il sied donc d’évaluer l’accès à l’information administrative et aux services publics dans les trois domaines à défaut de pouvoir le faire dans tous les secteurs. Les trois domaines sont représentatifs et les résultats obtenus sont, dans une certaine mesure, généralisables, étant donné qu’il est difficile d’appréhender tous les domaines.

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