L’historien Jean-Pierre Chrétien chevalier de la Légion d’honneur

lundi 16 juillet 2012,par Jean Bosco Nzosaba

L’historien Jean-Pierre Chrétien chevalier de la Légion d’honneur Jean-Pierre Chrétien, historien de l’Afrique des Grands Lacs, vient d’être fait chevalier de la Légion d’honneur dans la promotion du 14 juillet 2012 au titre du ministère de la Recherche.

Né le 18 septembre 1937 à Lille, Jean-Pierre Chrétien a fait ses Études secondaires au lycée Faidherbe de Lille, puis Hypokhâgne à Lille et Khâgne à Louis-le-Grand, Paris. Titulaire d’une maîtrise d’histoire (1960) portant sur « La presse française devant la prise de pouvoir de Hitler », il est reçu 3ème à l’agrégation d’histoire en 1962.

Sa carrière d’enseignant le mène tour à tour à Rouen (lycée Fontenelle, 1962-1964), à Bujumbura (Écoles normales, 1964-1968) et à Limoges (lycée Gay-Lussac, 1968-1969),avant de retrouver sa ville natale de Lille, où il obtient un poste d’assistant, puis de maître-assistant, à l’université Lille 3 (1969-1972). Dans le cadre du service national en coopération (1964-1965) il a été nommé enseignant Burundi, d’abord à l’École normale de Bujumbura puis à École normale supérieure du Burundi (1965-1968), il y réalise ses premières enquêtes de terrain, accompagné de ses étudiants qu’il forme au recueil des sources. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, alliant son intérêt pour l’histoire contemporaine de l’Allemagne au résultat de ses collectes de sources orales, il rédige ses premiers articles sur l’histoire du Burundi, qui annoncent sa contribution plus large à l’écriture de l’histoire de l’Afrique.

Chercheur depuis 1973, puis directeur de recherche en histoire de l’Afrique au CNRS au Centre de recherches africaines (CRA), il est rattaché en 1982 au laboratoire « Tiers-monde, Afrique », de l’Université Paris I intitulé qu’il dirige à partir de 1986, jusqu’en 2001, intitulé « Mutations africaines dans la longue durée (Mald), qui s’est ensuite fondu dans le Centre d’études des mondes africains (CEMAf). Il est l’un des fondateurs de la revue Afrique et Histoire. Durant sa carrière scientifique il a publié une vingtaine de livres et plusieurs centaines d’articles scientifiques et de vulgarisation.

Parmi ses ouvrages les plus importants, Rwanda, les médias du génocide (dir, avec Jean-François Dupaquier, Marcel Kabanda, Joseph Ngarambe), Ed. Karthala, 1995, revue et augmentée, 2000 ; Le défi de l’ethnisme : Rwanda et Burundi, 1990-1996, Paris, Karthala, 1997, réédition entièrement refondue, 2012 ; L’Afrique des grands lacs - Deux Mille Ans d’histoire, éd. Aubier, 2000 ; Burundi, la fracture identitaire - Logiques de violence et certitudes "ethniques" (avec Melchior Mukuri), éd. Karthala, 2002 ; Les ethnies ont une histoire (avec Gérard Prunier), éd. Karthala, 2003 ; Burundi 1972. Au bord des génocides, Paris, Karthala, 2007, (avec J.-F. Dupaquier) ; L’Afrique de Sarkozy : un déni d’histoire (avec Jean-François Bayart, Achille Mbembe, Pierre Boilley, Ibrahima Thioub sous la dir. de Jean Pierre Chrétien) éd. Karthala, 2008 ; L’invention de l’Afrique des Grands lacs. Une histoire du XXe siècle, Paris, éd. Karthala, 2010.

Spécialiste de la région des Grands lacs qu’il a abordée initialement par le Burundi, Jean-Pierre Chrétien a été invité à s’exprimer successivement à Bruxelles devant la Commission d’enquête sénatoriale belge sur les événements du Rwanda (1997), à Paris face aux membres de la Mission d’information parlementaire sur les opérations militaires françaises et étrangères menées au Rwanda entre 1990 et 1994 (« Mission Quilès », 1998), et à Addis-Abeba devant le Groupe de travail de l’Organisation de l’unité africaine sur le même pays (1999). Il a été également mandaté à partir de 2001 comme témoin-expert auprès du Parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha dans le « procès des médias ». Retraité, Jean-Pierre Chrétien est chercheur émérite du CNRS.

dimanche, 15 juillet 2012,

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