La Communauté est-africaine à l’heure du multilinguisme

lundi 10 septembre 2012,par Jean Bosco Nzosaba

Le ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale, M. Laurent Kavakure a transmis dernièrement au président de la République du Burundi une lettre du secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf et au secrétaire exécutif de la Communauté de l’Afrique de l’est, M. Richard Sezibera relative à la promotion du multilinguisme au sein de cette institution. Selon M. Laurent Kavakure, il s’agit d’un résultat important à l’une des principales résolutions du colloque régional sur la langue française organisé du 21 au 22 juin 2012 à Bujumbura sous le thème « langue française : intégration et ouverture ». Ce colloque avait recommandé au gouvernement de « demander que le français soit une langue de travail dans la Communauté est-africaine, langue officielle de facto dans les trois pays membres, et poursuivre la plaidoirie pour l’adoption du français comme langue de travail de l’EAC, en s’inspirant des autres systèmes connaissant les mêmes difficultés ou réalités conjoncturelles, et proposer le trilinguisme au sein de l’EAC, d’autant plus que le swahili est une langue très présente dans les cinq pays membres », a-t-il souligné. Le colloque avait recommandé aussi de faire du Burundi le pays de l’apprentissage et de perfectionnement du français au niveau de la Communauté de l’Afrique de l’est et faire du CELAB un centre d’excellence à cet effet, rappelle-t-on. Il avait été recommandé à la Communauté de l’Afrique de l’est de s’aligner sur toutes les autres institutions d’intégration régionale (UE, COMESA, CIRGL notamment) qui admettent l’usage des langues de tous les pays membres afin de ne pas se priver d’une grande partie des contributions potentielles d’un ou de plusieurs Etats membres, ajoute-t-on. Pour sa part, le secrétaire général de la Francophonie, M. Abdou Diouf a sollicité, dans une correspondance du 2 août 2012, l’attention du secrétaire exécutif de la Communauté de l’Afrique de l’est, M. Richard Sezibera, afin de sensibiliser l’ensemble des membres sur l’importance et sur les opportunités du multilinguisme, et de convaincre ceux-ci à officialiser le français comme langue de travail aux côtés de l’anglais et du kiswahili, a-t-on appris. Il a expliqué dans cette correspondance que le français, en plus d’une langue de communication, est une langue d’enseignement dans de très nombreux pays. L’enjeu pour une institution comme celle-là est particulièrement décisif puisque les projections démo-linguistiques annoncent autour de 715 millions de francophones en 2050, dont 85% en Afrique. Cette dynamique continentale constitue un argument de poids pour que les pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est adhèrent à la promotion du français aux côté de ses autres langues, a-t-il souligné ajoutant qu’en réservant une place de choix au français, les pays de cette communauté s’ouvriront encore davantage sur un espace économique, et plus largement de coopération, allant de Rabat à Kinshasa, en passant par Dakar et Port-Louis.

 

 

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