Discours de SE Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi, à l’occasion de l’ouverture de l’Atelier de Restitution des Résultats de l’Evaluation des Performances des Communes

vendredi 21 décembre 2012,par Jean Bosco Nzosaba

1. Qu’il nous soit permis d’adresser tout d’abord nos remerciements à Dieu tout puissant qui a guidé nos pas jusqu’ici où nous allons procéder à la restitution officielle des résultats obtenus à l’issu de l’évaluation des performances des communes de notre pays le Burundi. 2. Nous voudrions ensuite remercier très sincèrement tous ceux qui se sont joints à nous aujourd’hui, et plus particulièrement nos partenaires au développement qui ont toujours été à nos côtés, témoignant par là de leur soutien indéfectible à notre marche vers le développement durable. 3. Qu’il nous soit aussi permis de féliciter les hauts cadres de l’Etat pour avoir saisi l’importance de l’activité inaugurée aujourd’hui et dont l’objet est précisément de les amener à s’impliquer davantage dans l’accomplissement des missions confiées aux départements placés sous leur responsabilité. Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; 4. Nous sommes particulièrement heureux de nous retrouver aujourd’hui parmi les acteurs de la décentralisation au Burundi. On le sait déjà, la décentralisation c’est au fond la reconnaissance d’un certain degré de responsabilité sur la gestion des affaires publiques à d’autres niveaux de gouvernance que le niveau national. 5. Derrière ce terme générique de « décentralisation », nous savons tous qu’il s’agit bien de refondre les modes de fonctionnement étatiques à l’échelon des collectivités territoriales décentralisées. Impulsée volontairement ici au Burundi par le gouvernement, cette réforme de l’organisation administrative bouleverse en profondeur les façons de penser et de faire l’action publique : Un véritable changement de mentalités et de comportements. 6. Dans ce contexte, nous sommes d’autant plus heureux de participer à la restitution des résultats de l’évaluation des performances atteintes par nos communes, tant rurales qu’urbaines grâce au soutien de nos partenaires au développement. Et à cet égard, nous voudrions souligner la qualité du partenariat existant entre le Gouvernement du Burundi et les Organisations non gouvernementales partenaires sur ces sujets de gouvernance locale et de décentralisation. 7. Au regard de la qualité des résultats, simplement exceptionnelle, cette évaluation se fait dans un contexte de satisfaction générale. Pour la deuxième fois en effet, l’ensemble des acteurs institutionnels de la décentralisation, administrations communales, et provinciales, les partenaires au développement, les ministères sectoriels, les cadres du Ministère du Développement Communal, ont été tous mobilisés, aboutissant par là à un dialogue transparent entre les acteurs locaux et les hautes autorités de l’Etat, initiant ainsi une véritable démarche de démocratie participative et de redevabilité. 8. Certes qu’il ne suffisait pas de produire de l’information, il a fallu aussi pouvoir la restituer, ne fut-ce qu’aux principaux intéressés dont les représentants des collectivités locales les gouvernementaux et nos partenaires. 9. L’exercice de l’évaluation des performances qui est à sa deuxième session fait partie intégrante des volontés du Gouvernement du Burundi. Cet exercice s’inscrit dans la continuité de la campagne de responsabilisation de l’Administration Publique que nous avons lancée officiellement au mois de décembre 2010 et dont l’objectif visait l’impulsion d’un changement de mentalités pour briser les habitudes et la routine devenues coutume aux fins de stimuler un leadership en vue d’une meilleure gouvernance et de la redevabilité dans l’administration publique. Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; 10. L’évaluation des performances des Communes n’est pas une fin en soi, c’est plutôt une occasion de mesurer le pas franchi dans l’exercice des responsabilités dévolues aux communes pour décider un nouvel élan. Que cette évaluation ne soit donc pas perçue comme une inspection de police. Qu’elle permette plutôt que les organes de gestion des communes prennent leurs responsabilités pour jouer pleinement leur rôle d’éclairer la population pour la promotion du développement. 11. Pour cette année 2012, nous avons insisté sur la bonne gouvernance et la gestion administrative. Une vingtaine de critères ont été la base de cette évaluation. Au sens de l’évaluation, nous félicitons les communes pour avoir essayé en général de faire leur mieux. Nous sommes d’autant satisfait que sur le critère de la démocratie la note est encourageante. Cependant, au niveau de la gestion financière, un pas est encore nécessaire à faire. Mais avec le projet d’informatisation, nous espérons que des améliorations seront visibles. Nous vous recommandons de faire vôtre ; la Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance et de lutte contre la pauvreté. 12. Nous constatons aussi que certains critères ont buté en partie sur certaines faiblesses des ressources humaines et nous recommandons un renforcement incessant des capacités. Ceci pourrait se joindre à une analyse profonde et sans faux fuyants des conditions à remplir pour être gestionnaire d’une commune et même dans le cadre du projet de découpage territorial proposé dans la politique nationale de décentralisation, les conditions à remplir pour être une commune viable. 13. Aussi, le rythme de la décentralisation a parfois été dicté par les conjonctures et la spécificité sociopolitiques et économiques. Un cadre légal propice à la décentralisation est donc un préalable. A cet effet, les institutions concernées sont à l’œuvre pour mettre en place un cadre légal adéquat. Nous en appelons à tous les ministères concernés de travailler de sorte que le transfert des compétences administratives, des ressources humaines et financières vers les communes soit une réalité. Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; 14. Pour l’année 2013, loin de laisser de côté le chantier de la bonne gouvernance et de la gestion administrative, nos efforts seront concentrés vers le développement. Nous demandons ainsi aux communes de faire leurs la Vision Burundi 2025 et ses instruments notamment le Cadre Stratégique de Croissance et de Lutte contre la Pauvreté, deuxième génération (CSLP II). Que donc les programmes communaux de développement communautaire s’en inspirent. Les gestionnaires de la commune doivent avoir donc une vision au lieu d’attendre seulement les orientations de leurs supérieurs hiérarchiques. 15. Ainsi, nous demandons que les réformes en cours dans le Fonds National d’Investissement Communal (FONIC) soient accélérées pour faire des communes les véritables gestionnaires des moyens de développement que le gouvernement met à leur disposition à travers cet organe. 16. Vous l’avez déjà démontré, le développement s’accélère lors que vous vous impliquez. En effet depuis 2005, le Burundi ne cesse d’avancer à pas de géant dans sa marche vers des horizons prospères. Avec une population désormais consciente d’être la principale source de richesse, sous la houlette d’un leadership local dynamique, nous atteindrons sans nul doute les objectifs fixés dans la Vision 2025. 17. Ainsi aux communes, nous demandons de capitaliser l’expérience de la célébration du cinquantenaire de notre indépendance pour se fixer des objectifs encore plus ambitieux et dont la réalisation fera partie des performances. Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; 18. Nous voudrions terminer notre propos en réitérant nos vifs remerciements à vous tous qui avez consenti des efforts et grignoté sur votre temps précieux pour témoigner votre soutien à cette activité. Nous pensons plus particulièrement à vous nos partenaires au développement, mais aussi à vous responsables des collectivités locales qui allez passer cette journée à partager les résultats des performances des communes et à réfléchir sur l’avenir de notre administration, et partant, de notre pays. 19. Nous remercions nos partenaires au développement ici présents et leur demandons encore une fois de nous prêter main forte dans la bataille de rendre effective la décentralisation au Burundi. Nous tenons à remercier enfin tous ceux qui de près ou de loin ont œuvré pour la réussite de cet atelier depuis la préparation des évaluations jusqu’à ce jour. A vous tous, nous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année. 20. C’est sur cette note de profonde gratitude et de souhait des Meilleurs Vœux que nous déclarons solennellement ouverts à Busiga, les travaux de l’Atelier de Restitution des Résultats de l’Evaluation des Performances des Communes. VIVE LE BURUNDI JOUISSANT D’UNE DECENTRALISATION EFFECTIVE ! QUE DIEU VOUS BENISSE ! JE VOUS REMERCIE !

 

 

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