Retour sur le message à la Nation du président de la République à l’occasion du Nouvel An 2013

lundi 7 janvier 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Dans son message à la Nation, le Président de la République du Burundi, a souhaité à tous les citoyens Burundais et à ceux qui vivent sur le sol burundais, une année de paix au cours de laquelle on va s’atteler à traduire en actes le thème lui réservé « Unissons-nous, redoublons d’ardeur pour le travail, source d’un développement durable. » L’année que nous sommes entrain de clôturer a-t-il dit, a été pour le Burundi et le peuple burundais une année durant laquelle nous avons célébré le jubilé d’or de l’indépendance de notre pays. Nous avons eu l’occasion de méditer, d’admirer les bonnes actions ayant marqué cette période, mais aussi de désapprouver les déshonneurs et les bassesses dans lesquelles le Burundi et les Burundais avons nagé à maintes reprises. La façon dont nous avons célébré ce jubilé revêtait un cachet tout particulier, a-t-il souligné. Le premier fait saillant est que les Burundais ont retroussé les manches et ont accompli des merveilles qui montrent effectivement qu’ils sont indépendants. Cela s’est manifesté dans la prise de décision touchant au changement des mentalités et des comportements, concrétisée par la construction des infrastructures qu’hier l’on attendait du gouvernement ou de ceux que l’on appelait les bienfaiteurs. C’est le cas des écoles, des centres de santé, des universités, des hôpitaux, des bureaux des administratifs, des salles de réunions, des hôtels, des stades, des industries. Ces grandes oeuvres dépassent 500. Le coût estimatif de ces réalisations avoisine 80 milliards de FBu. Le deuxième fait qui a marqué cette année du jubilé est le nombre de prix et les décorations que les Burundais ont obtenus grâce à leur bravoure et la manifestation de leur esprit patriotique. Il a cité la première place que le Burundi a occupé au niveau mondial lors de l’exposition culturelle et touristique, le Burundi qui reçu le titre d’Ambassadeur du développement en Afrique, le ministre des Finances qui a été décoré Ambassadeur du Développement en Afrique, avec dévotion pour le Burundi, la troisième place que le Burundi a reçu parmi les dix pays les plus réformateurs au monde, devenant ainsi le seul pays africain qui se trouve sur cette liste, la 7ème place gagné au niveau mondial et la 4ème sur le plan africain dans l’amélioration du climat des affaires et dans le domaine de la lutte contre la corruption, la 2ème place dans les pays de la Communauté Est Africaine. Concernant le sport, le président a cité les joueurs de Taekwondo, de Judo et de Karaté ont occupé la première place dans la région, et leur lutte associée a mérité la 2ème place africaine pendant le championnat mondial des pays francophones, les joueurs du volley beach qui ont pris la 1ère place en Afrique ainsi que la jeune athlète Francine Ndayisaba qui a surpris le monde en arrivant en finale aux « Jeux Olympiques » de Londres. Au cours des compétitions au festival SICA 2012, c’est la chanteuse Emérence Niwizere qui a obtenu le meilleur trophée africain, tandis que Leilla Ndabirabe a remporté le prix Miss Africa en Europe ainsi le journaliste Audace Makado de la Radio Isanganiro qui a été premier dans le « COMESA media award ». Le Chef de l’Etat, a également reçu des prix. Le premier a été appelé « Le Nouveau Modèle pour le Leadership Africain », qui lui a été décerné par l’Association Mamta (en INDE) et le second par les Nations Unies pour son implication dans la lutte contre le paludisme. Un autre fait qui a marqué le jubilé, c’est l’action appelée « Portes Ouvertes », où tous les ministères et la plupart des services de l’Etat ont présenté au grand public ce qui les a caractérisés depuis l’Indépendance, leur mission actuelle, les difficultés auxquelles ils font face. Un autre fait qui a marqué la célébration du cinquantenaire, c’est le déplacement sans précédent que les hôtes de marque ont effectué dans notre pays en venant se joindre à nous, des délégations de plus de 45 pays dont 6 Chefs d’Etat. Il a saisi cette occasion pour annoncer que l’année du cinquantenaire de notre Indépendance est clôturée. Certains groupuscules de malfaiteurs qui avaient tenté de perturber l’ordre et la sécurité, avec des discours terroristes comme quoi la guerre était imminente, ont été anéantis grâce à la vigilance et à la bonne collaboration qui existe entre l’administration, les forces de défense, les forces de sécurité, la justice et la population, a-t-il dit. Un autre type de groupe qui a été combattu et vaincu, ce sont les bandits qui opéraient essentiellement dans les villes, très souvent avec les armes à feu. Plus de 43 groupes du genre ont été démantelés. La criminalité que nous continuons à réprimer concernent les meurtres ayant pour origine les conflits fonciers, les règlements de comptes, sans oublier les hors la loi et les hommes sans coeurs qui se rendent coupables des violences faites aux enfants, aux femmes et aux filles, a-t-il fait savoir. Il a demandé aux membres du corps judiciaire, aux forces de l’ordre, à la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme, de travailler encore plus afin que cette peste cesse définitivement. La paix et la sécurité qui règnent dans le pays sont les premiers facteurs qui ont fait que de nombreux Burundais qui s’étaient réfugiés à l’étranger sont rentrés au pays. Nous en avons alors accueilli progressivement plusieurs à la fois, surtout que les camps des réfugiés burundais en République Unie de Tanzanie ont été fermés. Même la plupart des déplacés à l’intérieur du pays ont regagné leurs collines d’origine, d’autres ont préféré acheter les propriétés là où étaient implantés les sites. Il a cité ceux qui s’étaient installés à Kiremba, Gakere, Sanzu en Province Ruyigi, Ruvumvu en Province Bubanza, ceux qui étaient dans divers sites de Muramvya et Kayanza, ceux qui s’étaient réfugiés à Buhinyuza et à Buganda. Il a désapprouvé les mauvais conseillers qui forcent les déplacés à rester dans les sites, en avançant de faux alibis comme quoi il n’y a pas de sécurité sur les collines d’origine. Il a apprécié beaucoup le travail que la Commission Nationale Terre et autres Biens (CNTB) est entrain de faire, et de la façon dont elle s’acquitte de sa mission. Au cours de l’année 2012, elle a pu régler plus de 3.500 cas. La population a confiance en cette Commission, puisque plus de 3.300 litiges ont été déposés durant cette année, a-t-il noté. Dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, le gouvernement a pris beaucoup de mesures en faveur de l’augmentation de la production. Plus de 5.500 vaches de bonne race ont été distribuées, et plus de 2.000 hectares de marais aménagés. On est entrain de procéder à la distribution d’environ 75.000 rejets de bananiers, à peu près 50 tonnes de grains de maïs, 300 tonnes de semences de riz, plus de 1.500 tonnes de boutures de manioc résistant à la mosaïque, presque 200 tonnes de pommes de terre, et à peu près 116.000 plants de palmier à huile. L’on est entrain de planter plus de 10.000.000 millions d’arbres fruitiers. Un fonds vient d’être créer qui connaîtra l’allocation de plus de 23 milliards de FBu destinés à l’achat de l’engrais chimique. Il s’est d’ailleurs tenu une table ronde entre les représentants du gouvernement et les partenaires du Burundi dans le secteur agricole, où l’on a promis un appui de 230 milliards de FBu jusqu’en 2017. Dans le domaine de l’éducation, le gouvernement a poursuivi la mise en oeuvre de sa politique de gratuité de l’enseignement dans les écoles primaires, a fourni de matériels scolaires aux écoliers en vue d’épauler les parents. Des écoles des métiers ont été construites, et un fonds de 170 milliards de FBu a été mis en place pour aider les lauréats des écoles des métiers à préparer leurs projets. Le Burundi a la promesse de 80 milliards FBu de la part du Fonds International pour l’Education, ainsi que 27 milliards FBu promis par le gouvernement Norvégien. Dans le cadre du projet de prolonger l’enseignement primaire jusqu’en 9ème année (l’école fondamentale), 50% des lauréats au concours national édition 2012 ont obtenu la note exigée pour accéder à la classe de 7ème année. Les programmes d’enseignement sont en train d’être révisés. Dans le secteur de la santé publique, le gouvernement a poursuivi sa politique de gratuité des soins aux enfants de moins de cinq ans, les mères continuent à accoucher gratuitement dans les hôpitaux et autres établissements de santé publics. Trois hôpitaux ont été construits respectivement à Gahombo, Giteranyi et Gashoho, tandis que deux autres sont en cours de construction à Karusi et Gihofi. Plusieurs centres de santé ont également été construits à travers tout le pays. En ce qui concerne la protection du dénier public, les organes chargés de la lutte contre la corruption ont protégé l’économie du pays en refusant d’admettre des dossiers et des marchés qui pouvaient causer à l’Etat un préjudice de plus de 10 milliards de FBu. Ces institutions ont même retourné plus de 150 millions de FBu dans les caisses de l’Etat, et l’on espère récupérer plus d’1milliard au cas où les jugements rendus seraient définitifs. Le président a rappelé qu’on a commencé à mettre officiellement en application la Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance et de lutte contre la corruption. Plus la corruption et les malversations économiques sont combattues, plus l’Office Burundais des Recettes (OBR) renfloue les caisses de l’Etat. Les statistiques montrent que cette année, l’Etat a encaissé autour de 523 milliards FBu contre seulement 472 milliards FBu l’année dernière. Le Burundi regorge de minerais, mais qui ne profitent pas assez au Burundi ni aux Burundais, car beaucoup sont illicitement exploités et commercialisés. Le Code minier révisé vient d’être analysé en Conseil des Ministres. Un autre grand défi auquel on a dû faire face concerne l’augmentation de l’énergie électrique, car elle est irremplaçable dans la réalisation des projets de développement dans notre pays. Le gouvernement est entrain de construire de nouveaux barrages hydro-électriques sur les rivières Mpanda, Kaburantwa, Kagunuzi, et prochainement sur les rivières Jiji et Murembwe. Il a informé les burundais que le projet du chemin de fer reliant le Burundi aux pays de l’Afrique de l’Est est en cours et il tient beaucoup compte de ces gisements. Les études déjà faites ont montré que le Burundi regorge de l’or, des « terres rares », du coltan, de la cassitérite, du wolframite, du pétrole, de la chaux, du fer, etc. Afin de renforcer la circulation des biens et des personnes à l’intérieur du pays et vers les pays limitrophes, la route reliant Nyamitanga et Ruhwa (RN5) a été construite, la route reliant Gitega et Ngozi (RN15), celle reliant Cankuzo et Muyinga (RN 19) et les routes communément appelées Avenue du Large et Avenue Yaranda en ville de Bujumbura sont en construction. A cela s’ajoute les travaux de pavage de rues en communes urbaines de Kamenge, Kinama et Cibitoke, ainsi que la ville de Ngozi. Dans les jours à venir, il sera question de la construction de la route qui part de la Chanic et arrive à la frontière de la RDC en passant par Gatumba (RN 4), ainsi que la route reliant Nyanza-lac, Mabanda et Mugina. Il y a aussi une promesse que bientôt des moyens seront disponibles pour permettre de construire les routes Nyakararo-Mwaro (RN 18) et Makebuko-Ruyigi (RN13). Pour ce qui est du transport aérien, la compagnie « Air Burundi » vient d’acquérir un nouvel avion. Au cours de cette année 2013, on va mettre en application les programmes contenus dans le document du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP II). Le président Nkurunziza a demandé à l’élite burundaise, aussi bien ceux qui sont au pays que ceux qui vivent en diaspora, de mettre ensemble leurs connaissances, de collaborer avec les opérateurs économiques, pour que chaque province ait au moins une usine de transformation en l’an 2020. Cela exige un vrai changement de mentalités et de comportements, pour travailler en associations, oser prendre des crédits de banques, mais celles-ci doivent également comprendre qu’elles sont appelées à changer de méthodes, pour donner des capitaux aux investisseurs à des taux abordables. En effet, étant donné que l’amélioration du climat des affaires n’est plus à démontrer dans notre pays, surtout à partir du mois de mars de cette année avec l’introduction du guichet unique, le nombre des investisseurs a augmenté, passant de 10 à plus de 120 par mois, à tel point que, pour cette seule année, nous avons enregistré à peu près 1300. Ce qui est plus intéressant encore, c’est qu’on trouve dans ces rangs beaucoup de Burundais, traduisant ainsi que nous commençons à y voir clair. C’est au cours de cette année qui commence que la Commission Vérité et Réconciliation sera mise en place et le projet de loi qui va la régir est sur la table du Parlement. Un autre travail important sera de revoir les lois en rapport avec les élections (Code Electoral) et la Constitution, les enseignements sur la formation civique et patriotique, ainsi que la stratégie Nationale de défense et de Sécurité. Aux fonctionnaires, il a demandé d’adopter un comportement responsable et, au lieu de mettre en avant les grèves, de privilégier le dialogue, de demander ce que leur autorise la loi, et d’attendre patiemment la réponse sans perdre leur dignité. Le président a promis qu’il fera tout pour que tout homme entre dans ses droits, sans oublier surtout la population qui doit bénéficier de tous les services auxquels elle a droit. Il a demandé aux ministres et aux autres Chefs de service de prévoir des unités pour remplacer des fonctionnaires ayant dépassé la mesure dans la transgression de la loi sur la grève, surtout que les chômeurs en quête d’emploi sont nombreux. L’an 2013 va être un thermomètre important pour les dirigeants en matière du respect de la loi et des intérêts du pays dans le secteur. Le président Nkurunziza a annoncé que, dans le souci d’alléger les souffrances de la population, la mesure d’exonération de certains produits vivriers de première nécessité est prolongée jusqu’au 30 juin 2013 et que certaines dispositions légales vont être prises, pour qu’a partir de 2013 les mandataires politiques et autres hauts cadres qui jusqu’ici ne payaient pas l’impôt professionnel sur le revenu commencent à le payer. Par contre, ceux dont le salaire est inferieur ou égale à 150.000 FBu ne payeront plus d’IPR. Pour toutes les autres catégories de salariés de l’Etat, l’IPR passera de 35% à 30%. Toutes ces mesures visent à procurer un léger mieux à un bon nombre de la population.

 

 

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