Transparence dans le recrutement des personnels : l’OAG plaide pour le respect de la loi

mercredi 20 mars 2013,par Jean Bosco Nzosaba

L’Observatoire de l’Action gouvernementale a organisé mardi à Bujumbura une conférence publique de présentation d’une étude portant sur la transparence dans le recrutement du personnel dans l’administration publique et para publique au Burundi. Cette étude a été élaborée afin de mener un plaidoyer pour la transparence dans la gestion des affaires publiques en l’occurrence les recrutements des personnels. En effet, d’ après l’OAG, la mauvaise gestion des ressources humaines fait partie des grandes faiblesses relevées par la stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Cela se traduit par des recrutements, des affectations et des promotions qui ne fondent pas toujours sur des critères objectifs et transparents ou encore par une certaine politisation de l’administration. Dans le contexte actuel, indique l’OAG, la rareté de l’emploi accule la jeunesse au chômage de longue durée et conduit forcement aux spéculations dans le recrutement, ce qui conduit aux reflexes et comportements abusifs tels que le clientélisme, la politisation des emplois et la corruption. D’ après l’OAG, les enjeux politico- administratifs, jadis limités aux seuls postes politico-administratifs, jadis limités aux seuls postes de nomination s’invitent dangereusement dans le cadre du recrutement au sein de l’administration publique et parapublique et mettent en cause la constitution qui devrait séparer les postes politiques et les postes techniques. D’après le consultant de l’OAG, Le professeur Michel Masabo, nombre de dispositions des instruments juridiques internationaux et nationaux sont consacrées à la transparence dans le recrutement. Ils reprennent plusieurs conditions notamment une structure de recrutement ayant suffisamment de pouvoirs et d’indépendance, une large publicité des postes vacants, la détermination de tous les critères à prendre en compte au recrutement, l’organisation de tests ou concours pour départager les candidats, dans la justice et l’équité, la communication des résultats des tests ainsi que la possibilité aux candidats d’exercer des recours. Il a mené des enquêtes dans quatre ministères à savoir celui de la Fonction publique, de l’Enseignement de base et Secondaire, des Métiers et de la Formation professionnelle et l’Alphabétisation, de la justice et garde des sceaux, et à celui de la Santé publique. Le constat est qu’à la Fonction publique, il n’ya pas de plan de recrutement, les concours sont rares et le recrutement sur titre a été généralisé. Au ministère de l’Enseignement de base, les structures intervenant dans le recrutement sont là mais inactives, ce qui laisse les mains libres aux directeurs provinciaux et communaux de l’enseignement qui pourraient être tentés par des arrangements. Dans une autre étude menée en province Kayanza (nord du Burundi), ces directeurs provinciaux et communaux ont été surnommés « Messieurs trois cents mille », comme l’a indiqué le professeur. Pour être engagé ou muté il faut vendre une vache, d’après les témoignages qu’on lui a fournis. Au ministère de la Justice et Garde des sceaux, c’est « L’opacité totale », bien qu’il y a des changements qui se dessinent à l’horizon, a dit le professeur Masabo. Au ministère de la Santé publique, en plus des irrégularités telles que l’absence de publicité des postes vacants, l’absence de transparence dans tout le processus de recrutement, il n’existe pas de cadre légal dans des recrutements. Cependant tout n’est pas noir, d’après le consultant car, il existe certains services qui organisent avec transparence les recrutements. Ceux-ci constituent des exemples à suivre selon lui.

 

 

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