Zoom sur la stratégie nationale d’intégration régionale pour le Burundi

jeudi 1er août 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Le document de stratégie nationale d’intégration régionale pour le Burundi fait objet d’un atelier d’échanges et d’enrichissement depuis mercredi matin à Bujumbura, sur initiative conjointe du ministère à la présidence chargé des Affaires de la Communauté est-africaine (CEA) et de la représentation résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). La ministre burundaise à la présidence chargée des Affaires de la CEA, Mme Léontine Nzeyimana a indiqué, lors de la séance inaugurale à l’intention des principaux partenaires intéressés par l’intégration régionale, que cet atelier de deux jours offre une bonne opportunité pour échanger sur la position du Burundi par rapport aux différents groupements économiques régionaux auxquels il appartient et à mettre en exergue les avantages ainsi que les défis à relever. Pour la ministre Nzeyimana, l’intégration régionale est un puissant moyen pour faire face aux défis de la mondialisation. Elle a fait remarquer que sans une intégration régionale effective, la promotion d’une identité régionale et l’institutionnalisation d’une citoyenneté régionale permettant à tout ressortissant de circuler, d’entreprendre et de s’établir sans restriction et discrimination dans les Etats membres d’une organisation régionale donnée, ainsi que la sécurité des investissements tant locaux qu’étrangers, ne seraient garantis. Elle a recommandé à la centaine de participants venus d’horizons professionnels divers que cet atelier soit la meilleure opportunité pour mener une réflexion approfondie sur la mise en place d’une stratégie nationale d’intégration permettant au Burundi de pouvoir honorer efficacement ses engagements vis-à-vis de son appartenance à telle ou telle organisation sous-régionale. Elle a demandé aux participants de se pencher particulièrement sur l’analyse de cinq piliers de la stratégie nationale d’intégration, citant la rationalisation des adhésions, la paix et la sécurité, le développement économique, le renforcement des capacités et les réformes institutionnelles. La ministre Nzeyimana a en outre déclaré que l’adhésion du Burundi aux différentes organisations régionales s’est faite sans qu’une étude préalable sur les enjeux, les coûts et les bénéfices ne soit entreprise alors que le Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté, deuxième génération (CSLP II) reconnait les avantages de l’intégration régionale et en fait l’un des éléments de la relance économique du Burundi. C’est dans ce contexte que le gouvernement du Burundi, conscient de cette situation pour le moins problématique, a compris qu’une stratégie nationale régionale est une nécessité absolue, a-t-elle ajouté. Pour sa part, le délégué du directeur pays du PNUD au Burundi, M. Arthur Rushemeza, il est largement reconnu que les gains socioéconomiques et politiques de l’intégration régionale sont importants. Le rôle pivot joué par l’intégration régionale dans l’accès à un marché plus étendu qui permet d’exploiter des économies d’échelle et de surmonter les obstacles dus à la petitesse des économies nationales n’est plus à démontrer, a-t-il dit. En effet, a-t-il aussi souligné, l’intégration des marchés régionaux au niveau des communautés économiques régionales entraînerait l’apparition des pôles de croissance régionaux capables de produire suffisamment d’effets extérieurs positifs pour les Etats membres les moins développés. Pour Rushemeza, la volonté politique et l’engagement manifesté actuellement par les dirigeants africains à l’intégration régionale débouchent de plus en plus sur des changements concrets au niveau du continent. Toutefois, malgré les efforts consentis par les dirigeants africains dans le processus d’intégration régionale, le récent rapport sur le développement économique en Afrique montre que le continent demeure marginalisé sur le plan économique en représentant respectivement 2,8% et 2,5% des exportations et des importations mondiales en 2011. La crise financière et économique actuelle affecte les pays africains avec le recul de l’aide publique au développement et des investissements, a-t-il souligné, ajoutant que le rapport de la CNUCED montre que l’investissement direct étranger (IDE) reste plus faible en Afrique et représente 2,8 % du total des IDE alors que les économies en développement ont totalisé 44,9% du total des IDE en 2011.

 

 

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