L’opposant Agathon Rwasa en voie de regagner les pénates

lundi 5 août 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Le parti Front national de libération (FNL), ex-mouvement rebelle burundais, verra le retour de son leader, Agathon Rwasa, mardi, après trois ans d’exil, a annoncé son porte-parole, Aimé Magera. Agathon Rwasa, qui se portait candidat à l’élection présidentielle du 28 juin 2010, a fui le pays avant le scrutin, affirmant qu’il risquait d’être arrêté par les autorités sous l’inculpation de déstabilisation du pays. Face à l’annonce du retour de cet opposant, le ministre burundais de l’Intérieur Edouard Nduwimana a indiqué samedi que Rwasa "ne représente aucun parti politique". "A ce titre même, les préparatifs qui sont en train d’être menés devraient se faire pour l’accueillir en tant qu’ami, en tant que citoyen et en tant que membre de famille et non en tant que leader d’un quelconque parti politique. Les leaders du parti FNL devraient sensibiliser leurs militants pour qu’ils ne versent pas dans une situation qui risque d’être interprétée comme une perturbation de la paix et de la sécurité dans notre pays", a-t-il souligné. Il a qualifié de "mensongers" les propos tenus récemment par Aimé Magera qui a présenté Rwasa comme président du FNL. La réaction à ces propos ne s’est pas fait attendre de la part des partis de l’opposition regroupés au sein de l’Alliance des démocrates pour le changement (ADC-Ikibiri) dirigée par le président du parti FRODEBU (Front pour la démocratie au Burundi), Léonce Ngendakumana. "J’ai été surpris d’entendre le ministre dire que les militants du FNL qui l’accueilleront avec les insignes du parti seront traités comme des manifestants alors qu’on s’attendait à ce que le gouvernement soit favorable à l’accueil de ce leader dont le retour va contribuer à la baisse des tensions dans ce pays", a déclaré M. Ngendakumana. Pour lui, le retour d’Agathon Rwasa fait partie de ce que l’opposition a toujours appelé la création des conditions favorables à l’organisation des élections de 2015. "Ce serait une absurdité de penser qu’on pourra organiser des élections apaisées, libres, transparentes et démocratiques (...) tant que ces leaders sont toujours en exil", a expliqué Léonce Ngendakumana.

 

 

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