Discours du Chef de l’Etat lors du lancement des travaux des états généraux de la Jutsice

mardi 6 août 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Je voudrais d’abord rendre hommage à Dieu Tout Puissant qui a daigné guider nos pas jusqu’à ce jour où nous procédons au lancement officiel des travaux des états généraux de la Justice dans notre pays. 2. Nul n’ignore que la Justice est le pilier de la paix sociale et du développement et que le respect des principes relatifs à la Justice sécurise la population d’un pays aussi bien les nationaux que les étrangers qui y vivent. Nous nous réjouissons de la tenue de ces assises d’autant plus que la Justice sociale en général et l’Administration de la Justice par l’institution judiciaire est une préoccupation constante des pouvoirs publics et de toutes les couches de la population. 3. Au Burundi, le déficit en matière de Justice est pour de nombreux observateurs l’une des causes principales du changement brutal de régimes et des crises graves que jalonne l’histoire de notre pays. 4. Les questions relatives à la Justice ont justement préoccupé les négociateurs de l’Accord d’Arusha. Des principes et des mesures y relatifs ont fait l’objet du protocole II de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi, à savoir : • la promotion d’une Justice impartiale et indépendante. • la réforme de l’appareil judiciaire à tous les niveaux notamment en vue de la correction des déséquilibres ethniques et entre les sexes là où ils existent. • la révision des Lois là où cela s’avère nécessaire. • La réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature de manière à assurer son indépendance et celle de l’appareil judiciaire. • L’organisation d’un programme de formation judiciaire notamment la création d’une Ecole Supérieure de la Magistrature. • la dotation des Cours et Tribunaux en ressources humaines et en moyens matériels adéquats. • la création d’un poste Médiateur d’Etat (l’Ombudsman). 5. Force est de constater que ces principes relatifs à la Justice et au Pouvoir Judiciaire sont repris par la Constitution de la République du Burundi promulguée le 18 mars 2005 qui est notre bréviaire et qui guide les pouvoirs publics dans leur travail quotidien. 6. Quant aux mesures recommandées à Arusha en ce qui concerne la Justice, elles sont prises en compte dans les politiques sectorielles du Ministère de la Justice qui se sont succédés depuis la signature de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation. Excellences, Mesdames, Messieurs, 7. Nous nous devons de reconnaître que tous les objectifs identifiés en matière de Justice n’ont pas encore été atteints. Il y a encore des efforts à faire dans la consolidation de l’indépendance de la Magistrature, la lutte contre la pauvreté et la corruption, l’implantation de la culture de redevabilité à chaque niveau de responsabilité, la croissance économique et la Justice commerciale, les équilibres du genre, la lutte contre l’impunité des crimes et délits, le respect des droits et de libertés individuelles, la Justice transitionnelle. 8. Les présentes assises donnent aux participants l’occasion d’un débat franc sur toutes les questions relatives à la justice et qui n’ont pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Ils sont appelés à approfondir les réponses aux questions sur la perception de la Justice et les propositions de réformes déjà évoquées lors des ateliers organisés à l’intention des représentants de la population dans les différentes Provinces du pays et des acteurs de la justice sans oublier les contributions écrites données par des personnes, des organismes publics et internationaux, la société civile, etc.. dans la phase préparatoire de ces assises. 9. La tenue de ces états généraux de la Justice est une manifestation de la volonté politique : • d’analyser sur base d’un large débat national, la situation réelle de la Justice, • de mettre en œuvre une action qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique sectorielle du Ministère de la Justice 2011-2015 telle qu’elle figure dans la stratégie de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption adoptée par le Gouvernement, • de réunir des représentants de toutes les parties prenantes du secteur de la Justice afin d’aborder le plus complètement possible toutes les questions qui touchent à son fonctionnement, à sa modernisation, aux conditions de son efficacité et à sa place dans le concert des institutions républicaines. 10. La tenue des états généraux de la justice vient à point nommé. Elle se fait au moment où nous lançons la leçon inaugurale du programme d’éducation et de formation patriotique. Référez-vous y dans vos débats. Aussi, ces assises se réalisent au cours de la période préparatoire de l’amendement de la Constitution de la République du Burundi. Pour le secteur de la magistrature, nous pensons que les contributions viendront d’ici. 11. Mesdames, Messieurs, nous vous exhortons donc à réfléchir, à vous exprimer librement, à confronter vos vues surtout que l’on sait que des chocs des idées jaillit la lumière. Mais gardez à l’esprit l’objectif de la stabilité institutionnelle, le renforcement de la sécurité et le maintien de valeurs burundaises. Que donc le sens patriotique encadre et guide vos pensées et vos expressions dans les débats. 12. Nous examinerons attentivement les recommandations qui sortiront de vos travaux et nous nous engageons à les mettre en œuvre dans la mesure des moyens dont dispose notre pays et du cadre constitutionnel et légal régissant notre Patrie. 13. Avant de terminer mon propos, Je voudrais remercier tous ceux qui se sont donnés corps et âme pour que cette activité puisse avoir lieu. Je pense en particulier aux Partenaires techniques et financiers qui ont fourni les moyens nécessaires à la tenue des états généraux de la Justice et nous leur demandons de poursuivre leur appui pour l’édification d’un Etat de droit dans notre pays. C’est sur ce mot de remerciement que je déclare ouverts les travaux des états généraux sur la Justice au Burundi. Je vous remercie de votre aimable attention. Que Dieu vous bénisse

 

 

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