Discours du Chef de l’Etat à l’occasion de la célébration du 3ème anniversaire de son investiture

mercredi 28 août 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, Que règnent la paix, l’unité, le travail, le progrès et la justice dans notre pays. 1. Nous commençons par rendre grâce à Dieu Tout Puissant qui ne cesse de nous guider dans la réalisation des programmes de développement de notre pays. 2. Vous le savez tous, nous célébrons aujourd’hui les trois ans qui viennent de s’écouler après que le peuple burundais se soit encore une fois doté des institutions dirigeantes issues des élections libres et démocratiques. Ces dernières se sont déroulées au grand jour et dans la paix en 2010, avec un taux de participation très élevé. En effet, c’est le 26 août 2010 que nous avons été investi Président de la République du BURUNDI pour un mandat de 5 ans, après un suffrage universel direct. 3. Nous vous souhaitons donc, à vous tous Burundaises et Burundais, partout où vous vous trouvez, une joyeuse fête. Nous vous invitons à la célébrer en gardant en mémoire que nous devons cela au pas appréciable déjà franchi dans l’attachement aux valeurs démocratiques. Dorénavant, le pays est dirigé par des hommes et des femmes élus par le peuple dans une compétition surtout multipartite de projets -programmes ; ceux qui se sont montrés capables sont reconduits, tandis que les incapables se voient remplacés, toujours par le peuple et par la voie des urnes. 4. Nous nous réjouissons de la façon dont la population s’est intéressée à ces élections ainsi que son soutien à la sauvegarde des résultats du vote, surtout que certains de ceux qui avaient semblé mettre en doute le verdict des urnes et avaient quitté le pays sont déjà de retour pour se joindre aux autres Burundais en vue de préparer les élections de 2015. Nous les félicitons vivement pour cette option prise, car ils ont compris que rien ne peut surpasser le pays natal, et souhaitons que ceux qui sont encore à l’extérieur fassent de même afin de joindre leur force à celle des autres citoyens dans la construction du pays, étant entendu que le pays ne vit pas seulement des élections. 5. Nous félicitons également la Communauté Internationale qui a donné sa contribution pour que les politiciens burundais reviennent à l’ordre, puissent accepter la vérité, rétablissent la confiance entre eux, et approuvent ce qui a caractérisé le processus électoral. 6. Nous nous réjouissons également de la situation sécuritaire qui est bonne sur toute l’étendue de la République. La population vaque paisiblement à ses activités quotidiennes, et elle jouit de sa liberté de mouvement. Nous remercions l’Administration à tous les niveaux, les Forces de Défense et de Sécurité, le Corps Judiciaire, les comités de sécurité de la population et la population elle-même, qui ne cessent de se donner en travaillant la main dans la main pour neutraliser les groupuscules de criminels et autres malfaiteurs. Actuellement on peut se déplacer à toute heure à travers tout le pays. 7. C’est cette étape qui a fait que même la Communauté Internationale place sa confiance en nous, faisant appel à notre expérience pour nous confier la mission de prêter main forte dans les missions de maintien ou d’imposition de la paix dans les pays en conflit tels que la Somalie, le Soudan, la Côte d’Ivoire, le Haïti. Actuellement, nous sommes dans des préparatifs pour envoyer nos troupes pour aider au Mali et en République Centre Africaine. Les performances de nos militaires sur terrain sont fort appréciées, et nous allons bientôt envoyer un nombre assez important de Policiers pour une mission similaire. 8. Nous célébrons cet anniversaire au moment où beaucoup de Burundais sont entrain d’occuper les premières places dans des compétitions internationales, que ce soit dans des tournois sportifs, l’athlétisme, la musique, les manifestations culturelles, etc. élargissant ainsi le champ pour la bonne réputation de notre pays dans le concert des nations, et nous réitérons nos félicitations à l’endroit de ces « ambassadeurs ». Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, 9. En ce jour où Nous célébrons le troisième anniversaire de notre élection au suffrage universel direct par le peuple burundais, Nous voudrions porter à votre connaissance que le programme et le plan d’action pour lesquels Nous avons été porté à la Magistrature Suprême continuent à être mis en application conformément aux orientations tracées dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté seconde génération (CSLP II),lui-même élaboré en s’inspirant de la Vision-Burundi 2025. 10. Dans le renforcement de ce même programme, nous poursuivons les travaux communautaires de développement où nous construisons des écoles, des centres de santé et des hôpitaux, des villages, des infrastructures hydro-électriques, des routes, des stades et terrains de jeux, les bureaux pour administratifs etc., sans oublier la distribution d’eau potable aussi bien dans les centres urbains qu’à l’intérieur du pays, la multiplication des associations et groupements dans divers secteurs, pour constituer une force indéfectible au travail en vue du développement durable. 11. Nous poursuivons également la sensibilisation de la population pour redynamiser l’entretien des cultures d’exportation tel que le café et le coton qui nous assurent la rentrée des devises. Une certaine démotivation semble se faire de ce côté, et les produits commençaient à baisser en terme de qualité et de quantité. Nous sensibilisons également la population pour qu’elle s’atèle aux cultures vivrières et à la pratique d’un élevage moderne. Le Gouvernement, de son côté, donne des facilités en subventionnant l’engrais chimique et en veillant à ce que les prix restent abordables en ne demandant que 40 % à l’acheteur, pendant que le Gouvernement verse pour celui-là les 60% restants. Le Gouvernement distribue également gratuitement les bovins, les caprins, les porcins et les poules de race. 12. Le programme de facilitation aux investisseurs désireux d’apporter leurs capitaux chez nous ou d’y créer des entreprises se poursuit, et il va bon train. Il a permis au Burundi d’avancer de la 181ème place sur les 185 pays où des enquêtes ont été menées dans le domaine économique en 2011, et nous avons obtenu la 159ème cette année. En 2012, le Burundi s’est vu attribué la 7ème place parmi les 10 premiers pays réformateurs qui se sont distingués dans l’octroi des facilités aux investisseurs ; en 2013, il se classe 5ème. En considération de ces avancées en l’espace de 3 ans seulement, il est clair que dans les 10 ans qui viennent, si nous parvenons à maintenir la même lancée, le Burundi aura une bonne place dans plusieurs domaines. Gardons donc courage pour ce combat, nous vaincrons. Nous félicitons toutes ces personnes qui se sont investies et ont donné leur contribution pour nous faire parvenir à ces performances. Nous remercions tous les Burundais, car ils ont déjà compris leur rôle de moteurs du développement et le privilège d’être les premiers bénéficiaires des fruits de ce développement. Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, 13. Le programme de réconcilier le peuple burundais se poursuit, et nous nous apprêtons à mettre sur pied la Commission Vérité et Réconciliation. Le projet de Loi la créant et l’organisant se trouve déjà à la table du Parlement pour analyse et adoption. Et Nous espérons que, à voir l’état d’avancement des travaux, il est possible que cette année 2013 ne s’achève pas sans que cette Loi soit votée et adoptée. La mise en place des institutions de justice transitionnelle marquera le couronnement du processus de paix au Burundi que nous avons convenu dans les différents Accords de Paix et de Cessez-le-feu. 14. En ce qui concerne également la réconciliation nationale, Nous nous réjouissons de la façon dont la Commission Nationale Terre et autres Biens (CNTB) accomplit la mission lui confiée. Il est donc réconfortant de voir que même ceux qui n’avaient pas encore compris ses principes et ses réalisations saisissent la bonne et droite orientation qu’est la sienne consistant à lutter contre l’injustice et d’aider à retourner dans leurs biens les Burundais qui en avaient été injustement spoliés. 15. Nous nous réjouissons également du fait que cette Commission a organisé des sessions et ateliers pour expliquer à la communauté tant nationale qu’internationale ses stratégies de travail et les résultats déjà obtenus. Les participants à ces rencontres ont eu l’occasion de poser des questions, et des réponses claires et convaincantes leur ont été données. Ceux qui n’avaient pas eu la chance de prendre part directement à ces séances ont profité des émissions radiodiffusées pour avoir les réponses à leurs interrogations. 16. Nous avons accueilli favorablement les contributions qui ont été données à ces différentes occasions. Elles sont entrain d’être exploitées, et elles Nous aident dans les réformes en vue visant l’amélioration des prestations de la CNTB, à la satisfaction de tout le monde qui doit aller croissante. Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, 17. Nous venons de lancer le Programme d’Education et de Formation Patriotique destiné à tous les Burundais. Aucune catégorie sociale ne sera mise à l’écart : les hautes autorités politiques et administratives, les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées, tout le monde doit suivre ces enseignements. Notre objectif est que nous tous Burundais cherchions à rompre avec les vices qui semblent vouloir s’imposer dans notre pays, et de renouer avec les valeurs culturelles positives qui ont caractérisé nos ancêtres. Ce Travail sera complété par la Stratégie Nationale de Sécurité, où l’on montre le rôle de chacun dans ce Programme qui touche plusieurs secteurs de la vie nationale, afin que tout le monde se sente responsable et que personne ne soit enclin à laisser les autres travailler seuls. Nous invitons tous les Burundais à participer activement à cette formation, pour nous aimer les uns les autres et aimer davantage notre pays dans la paix. 18. Nous lançons un appel à toute la population burundaise pour qu’elle comprenne l’importance de l’École fondamentale qui démarre avec cette année scolaire 2013-2014. Elle intervient dans le cadre des réformes dans tous les paliers de l’enseignement, de manière à l’adapter au contexte du moment en se référant aux besoins réels du pays, et en vue de permettre aux finalistes de mieux préparer leur propre avenir et celui de leurs progénitures. En outre, les curricula étaient dépassés en qualité, trop mêlés et volumineux. Bref, l’Ecole Fondamentale est une solution dans les temps que nous traversons. Que personne donc ne se laisse tromper et continue à penser que l’École Fondamentale est une école improvisée. La preuve en est que ce système est en vigueur dans plusieurs pays, surtout dans la Communauté Est Africaine à laquelle nous appartenons. Nous tranquillisons parents et élèves que, même s’ils sont obligés de payer les frais de scolarité de ce premier trimestre, le Gouvernement est en train d’analyser les voies et moyens d’alléger leur charge dans une bonne mesure dès le début de l’année 2014. 19. Nous relançons notre exhortation à la limitation des naissances pour toute la population burundaise, afin que naissent les enfants que le Gouvernement et les parents eux-mêmes puissent éduquer et aider à grandir harmonieusement. 20. Nous saisissons également cette occasion pour rappeler à tous les Burundais de diminuer de manière remarquable les fêtes, et de n’en garder que les circonstances essentielles. Evitez le gaspillage, renoncez au faste pour ces fêtes qui restent ; simplement, ne cherchez pas à faire comme les autres. Les besoins sont nombreux dans les familles. Lorsque les fêtes deviennent trop nombreuses, elles aggravent la pauvreté dans les ménages à cause des contributions presque quotidiennes, des pertes de temps dans l’ivresse, et les gens en souffrent énormément. Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, 21. Pour consolider la gouvernance démocratique dans laquelle nous sommes engagés, nous continuons à promouvoir le dialogue et la concertation que nous avons amorcés. Ainsi, dans le cadre de la préparation des prochaines élections, une rencontre des représentants des Partis Politiques et des Organisations de la Société Civile a été organisée à Kayanza. Elle s’est bien déroulée. A cette occasion, des contributions allant dans le sens des points pouvant faire objet d’amendement de la Loi électorale ont été bien notées. 22. Au courant de ce mois d’août, les États Généraux sur la Justice se sont tenus à Gitega. Les travaux se sont aussi bien déroulés, et des recommandations précises visant à redorer l’image de cette institution ont été émises. 23. Les avis et recommandations exprimés lors de toutes ces rencontres comptent parmi les éléments qui nous aident à voir ce qu’il faut reconsidérer dans la Constitution et les autres textes de lois. Vous comprenez dès lors que tous ces amendements devront passer par le processus législatif, moyennant une analyse préalable des institutions habilitées. 24. Comme vous l’avez donc souvent constaté, il se raconte beaucoup d’histoires pendant la période électorale, certaines pour Construire, d’autres pour démolir. Restez sereins et vigilants ! L’attitude que vous avez toujours affichée avant, pendant, et après les élections, maintenez-la. De même que vous êtes restés toujours unis dans l’amour et la solidarité, aussi, découragez quiconque voudrait ériger devant vous des pierres d’achoppement. Nous devons préparer de bonnes élections, à tel point qu’après ces dernières la vie puisse continuer harmonieusement comme avant. Par ailleurs, ce ne sont pas les élections qui font vivre la population, plutôt elles nous aident à mieux nous organiser en matière de gouvernance surtout administrative. 25. Nous demandons à vous tous, Burundaises et Burundais, de veiller à la sécurité sur vos collines, dans les quartiers et les villes. Aux comités de sécurité, Nous recommandons de rester vigilants et de continuer à bien collaborer avec l’Administration, les Forces de l’Ordre et la Justice. La sécurité est, comme Nous ne cessons de le répéter, ce sans quoi rien ne peut marcher. « Karahara mu ruganda ntibacura ». C’est pour cette raison que Nous-même ne pouvons pas nous permettre de fermer l’œil devant cette question de sécurité et que Nous mettons en garde tous ceux qui voudraient tenter de la perturber et leur disons : « N’essayez pas d’avaler cette pilule, elle a un goût âpre ! » Aujourd’hui, nous y voyons clair, et quiconque commettra la faute en boira la sauce. Nous avons tous eu à souffrir de ce passé qui nous a fait perdre nos proches et nos biens, forçant à l’exil beaucoup de survivants. 26. Avant de conclure, nous voudrions vous tranquilliser. Même s’il s’observe encore des signes de pauvreté dans notre pays, l’avenir est radieux, surtout que nous, Burundais, avons déjà compris que la pauvreté peut être éradiquée si nous nous mettons au travail et que nous mettons à profit notre intelligence ainsi que les nombreuses ressources naturelles dont Dieu a doté notre pays, et surtout que la question de l’énergie éclectique nécessaire à l’extraction de nos minerais est entrain de trouver une réponse adéquate. 27. Quant à ce qui touche au secteur de l’agriculture et de l’élevage qui, comme vous le savez, occupe actuellement la première place dans l’économie nationale, nous allons organiser très prochainement les États Généraux de l’Agriculture en vue d’étudier les stratégies les mieux adaptées pour l’augmentation de la production, la conservation des produits, et leur exportation sans la crainte de les voir se détériorer. 28. Nous voudrions terminer en faisant un clin d’œil à la population burundaise, surtout aux Fonctionnaires, à propos des grèves : même si cela fait partie de leur droit, qu’ils ne fassent pas des grèves une habitude. Nous réitérons notre avertissement à ceux qui feront une grève en violation de la loi. Nous allons les remplacer par ceux qui sont prêts à travailler, surtout qu’il y a beaucoup de chômeurs en attente d’emploi. C’est pour le bien de la population que nous aurons agi ainsi. A bon entendeur, salut ! Et que l’on n’aille pas regretter trop tard en se disant : « si j’avais su ! ». 29. Pour conclure, nous voudrions réitérer nos sincères remerciements à la Communauté Internationale qui nous appuie constamment, et qui a joué un grand rôle pour que nous parvenions à cette étape dans la démocratie et le développement. Qu’elle ne se lasse donc pas, et qu’elle reste prête à intervenir chaque fois que nous nous tournerons vers elle. 30. Nous souhaitons une joyeuse fête à vous tous, Burundaises et Burundais. Célébrez-la dans l’allégresse et la joie, redoublant d’efforts à soutenir les institutions et les dirigeants que vous avez vous-mêmes élus, dans le calme et la tranquillité, sans oublier de poursuivre la réalisation de vos projets de développement. Que règnent la paix, l’unité, le travail, le progrès et la justice dans notre pays. QUE DIEU VOUS BENISSE JEVOUS REMERCIE.

 

 

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