Demande de radiation de Me Isidore Rufyikiri du tableau des avocats

mardi 21 janvier 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Le représentant du ministère public au parquet général près la Cour d’Appel de Bujumbura a demandé lundi la radiation du tableau des avocats Me Isidore Rufyikiri, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Bujumbura, l’accusant d’avoir lancé, dans une conférence de presse sur le thème de la révision de la Constitution burundaise, des propos appelant à renverser le pouvoir. Juste au début de l’audience, la défense avait demandé une remise pour prendre connaissance des pièces du dossier en vue d’assurer sa défense et chercher les moyens de défense. Les magistrats ont refusé la remise et Me Rufyikiri et sa défense ont quitté la salle d’audience. C’est ainsi que les accusations et le réquisitoire contre le prévenu libre Rufyikiri ont été faits en l’absence de ce dernier et de ses avocats. Le siège a cependant continué à écouter et à poser des questions à une partie au procès, en l’occurrence le représentant du ministère public. A un certain moment, le siège a demandé au ministère public de donner la preuve de ses accusations. Le représentant du ministère public a fait écouter un élément sonore diffusé dans une radio locale après la conférence de presse de Me Rufyikiri. Pour le ministère public, les propos prononcés par Me Rufyikiri au cours de la conférence de presse en question appelaient la population, les étudiants, les élèves, les forces de défense et de sécurité à se révolter et à renverser le pouvoir et les institutions actuelles. « Dans ses propos, Me Rufyikiri qualifiait le pouvoir de suicidaire qui n’a rien à perdre, de protecteur des criminels et d’ingérence dans la justice. Me Rufyikiri n’a pas non plus respecté son serment d’avocat dans ses déclarations et ne mérite pas d’être avocat », a souligné le représentant du ministère public, avant de demander sa radiation du tableau des avocats. Le siège a pris l’affaire en délibéré. Le bâtonnier de Kinshasa, Me Richard Kazadi, représentant 164 ordres des avocats de plusieurs pays et l’un des avocats de Me Isidore Rufyikiri a déclaré qu’il est désolé parce qu’il constate qu’au Burundi, on ne tient pas compte des droits de la défense. « Je pensais trouver une justice formelle. C’est incompréhensible qu’on nous refuse la remise. Ce n’est pas conforme aux standards internationaux d’une justice pleine, entière, sereine et équitable », a déploré Me Kazadi.

 

 

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