Le premier vice-président de la République remercié

lundi 3 février 2014,par Jean Bosco Nzosaba

La crise au sein du parti UPRONA (Union pour le progrès national) a abouti samedi soir à la destitution, par le président de la République, de son premier vice-président de la République, M. Bernard Busokoza, issu de ce parti. Avec seulement trois mois de service, M. Busokoza est accusé d’une série de manquements dus au fait qu’il n’a pas su distinguer les fonctions de 1er vice-président de la République à celles du président d’un parti politique. Le communiqué lu par le porte-parole du chef de l’Etat, Léonidas Hatungimana, précise que le décret n° 100/25/ du 1er février 2014 le destituant s’appuie sur la constitution de la République du Burundi en ses articles 95, 122, 123 et 127. « Considérant que depuis sa nomination au poste de vice-président de la République en date du 16 octobre 2013, l’honorable Bernard Busokoza n’a jamais pu distinguer ses fonctions et celles d’un président d’un parti politique alors que les projets de lois sont transmis au parlement par le premier vice-président de la République, sous pression de son parti politique, Busokoza n’a pas manqué d’affirmer que le projet de loi de révision de la Constitution sera retiré de l’Assemblée nationale pour être ré analysé par le gouvernement, provoquant ainsi un malaise politique et social, et ainsi une déstabilisation des pouvoirs, attendu que l’ honorable Bernard Busokoza en violation de sa prestation de serment au respect de la constitution de la République veut aujourd’hui constituer une entrave à la mise en application des décisions judiciaires et de la sorte viole le principe de séparation des pouvoirs consacrés par la constitution de la République, attendu que par sa lettre n°120/VP1/143/2014 du 31 janvier 2014, le premier vice-président vient d’annuler la décision d’un membre du gouvernement mettant en application des arrêts de la cour suprême siégeant en chambre administratif, sans même consulter ou aviser le chef du gouvernement, attendu que ce comportement est de nature à mettre en péril l’action gouvernementale, considérant que l’honorable Bernard Busokoza, profitant de ses fonctions et en voulant manipuler les forces de l’ordre mis à sa disposition, a failli provoquer une confrontation entre les forces de l’ordre en position à la permanence nationale du parti UPRONA et celles affectées à sa garde en date du 30 janvier 2014, qu’en conséquence le premier vice-président de la République a failli à sa mission première d’assister le président de la République, décrète, que Bernard Busokoza est démis de ses fonctions de premier vice-président de la République. Le vendredi 31 janvier, M. Busokoza avait désavoué le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, qui avait limogé le président de l’UPRONA, Charles Nditije, au profit de Bonaventure Niyoyankana, qui avait déjà dirigé ce parti de 2009 à 2012.

 

 

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