Le gouvernement burundais désapprouve un rapport onusien

mercredi 16 avril 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Le gouvernement burundais désapprouve un rapport confidentiel envoyé au siège des Nations Unies le 3 avril 2014 par M. Onanga-Anyanga, représentant spécial et chef du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) dans lequel il est fait état d’« une distribution d’armes » aux jeunes affiliés au parti au pouvoir appelés Imbonerakure, et ce, par le gouvernement du Burundi. Selon un communiqué parvenu mercredi à l’ABP, cette accusation aussi grave tant de par sa teneur que de ses conséquences possibles pour le Burundi et ses citoyens vient appuyer le contenu d’une correspondance adressée au secrétaire général des Nations Unies le 6 février 2014 par le président de la coalition « ADC-Ikibiri ». En analysant les deux correspondances, l’une rédigée publiquement par un opposant politique bien connu pour ses positions hostiles au système électoral comme solution politique appropriée au peuple burundais d’une part, et l’autre transmise confidentiellement aux plus hautes instances des Nations Unies avec la même teneur quant au fond et non à la forme de transmission, le gouvernement du Burundi ne saurait qu’exprimer sa totale désapprobation quant aux mobiles réels qui se cachent derrière les deux personnalités, en ce qui concerne la vision qu’elles partagent sur le sort du peuple burundais. D’après le communiqué, rédiger et transmettre confidentiellement un rapport sur un sujet aussi sensible que la distribution des armes pour commettre un hypothétique génocide sans aucune collaboration avec les officiels/ou tout au moins leur réserver une copie, relève d’une perte de confiance totale à l’endroit d’un partenaire avec lequel, depuis quatre ans, on a pourtant réalisé ensemble beaucoup de programmes bénéfiques tant pour les Nations Unies que pour le peuple burundais. « Le recours à la confidentialité sans se référer à l’autorité officielle prouve que l’auteur du rapport n’était lui-même pas convaincu de la véracité de ses allégations », estime le gouvernement, qui « tient donc à démentir avec énergie le contenu de ce rapport qui n’a d’autres visées que celles de cautionner les ambitions de l’opposition radicale allergique et hostile aux élections, et qui risque de s’appuyer sur le rapport du représentant du BNUB comme prétexte supplémentaire pour se dérober et boycotter une fois de plus les prochaines élections de 2015 (…) ». Ainsi, le rapport du représentant du BNUB évoquant la distribution des armes et le spectre d’un génocide imminent au moment où au Rwanda voisin on commémorait le 20ème anniversaire de cet ignoble crime, personne ne peut douter que ce montage ne puisse laisser des traces dans les esprits particulièrement en milieu rural, ajoute le communiqué. Pour sa part, le gouvernement du Burundi ayant initié un programme de désarmement de la population, et ce avec l’appui et le suivi du BNUB, et il entend poursuivre ce programme, il serait inconcevable qu’il entreprenne en même temps la distribution des armes à la même population. Il réaffirme qu’il n’y a pas de violence en vue au Burundi, encore moins organisée par ses propres services, car il n’y a aucune raison et il n’y en aura pas. Par contre, s’il y a retour à la violence au Burundi, elle serait due à l’appui et aux financements incontrôlés que certains partenaires accordent aux activistes politiques et de la société civile sous prétexte de promouvoir les libertés publiques et la démocratie, sans s’assurer de la destination finale des moyens alloués, souligne le communiqué.

 

 

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