Cap sur l’environnement de fonctionnement de la société civile au Burundi

mercredi 23 avril 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Le Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) a organisé mardi, à Bujumbura, un atelier d’échanges et d’évaluation de l’environnement de fonctionnement de la société civile au Burundi. L’activité, organisée en partenariat avec la coalition des ONGs finlandaises KEPA, a permis de passer en revue le cadre légal et socio-politique, et d’évaluer l’environnement juridique dans lequel évolue la société civile d’Afrique de l’Est « East african civil society organisation’s forum (EACSOF) » afin de collecter des données qui seront compilées dans un rapport sous-régional sur les cinq pays membres de la Communauté est-africaine. Cela permettra d’avoir l’image de l’environnement réel de travail des Organisations de la société civile (OSC) dans l’EAC. Selon le président du FORSC et vice-président de l’EACSOF, M. Vital Nshimirimana, il est prévu à l’article 127 du traité portant création de l’EAC que les Etats membres doivent veiller à créer un environnement favorable aux OSC et au secteur privé afin de contribuer à la réussite de l’intégration régionale. Cet exercice permettra à l’EACSOF de formuler des recommandations claires et précises à l’endroit de la communauté et des Etats membres en vue de l’amélioration d’un climat de travail favorable. Les propositions seront intégrées dans un rapport de l’EACSOF dont l’objet est l’amélioration de l’environnement de travail des OSC sur les plans national et régional. Les participants aux échanges ont déploré notamment le cadre juridique régissant la presse au Burundi qui demande aux médias de révéler leurs sources d’information. « Les médias sont notre source privilégiée de communication avec le peuple. Si le métier de journaliste est menacé, la société civile est directement affectée », a souligné M. Nshimirimana. Il a également déploré l’interprétation abusive et erronée de la loi régissant les manifestations publiques qui exige la demande d’autorisation quand la loi parle de l’information. La conséquence est que des initiatives d’organisation des manifestations, qui est l’une des voies reconnues par la Constitution comme une voie d’expression des idées, est fréquemment violée. Il a cité le cas d’interdiction cette année, à deux reprises, des réunions du barreau sans autorisation du maire, en évoquant une lettre écrite par l’ancien maire de la ville de Bujumbura, Evrard Giswaswa. Le renouvellement annuel d’agrément des associations prévu dans l’avant projet de révision de la loi sur les ASBL inquiète M. Nshimirimana. L’effet récurrent des menaces, intimidations, harcèlement judiciaire et attentats à la vie des défenseurs des droits de l’homme a été évoqué. Pour le président du FORSC, le Burundi, en tant que membre de l’EAC, doit être respectueux des droits et libertés des citoyens tels que contenu dans les textes internationaux que le Burundi auquel il a souscrit, y compris le traité créant l’EAC

 

 

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