L’Ombudsman et les démobilisés sur le chantier de la paix

mercredi 18 juin 2014,par Jean Bosco Nzosaba

L’ombudsman du Burundi, M. Mohamed Rukara, a ouvert mardi à Bujumbura un atelier sur la contribution des anciens combattants et démobilisés dans la consolidation de la paix et de l’harmonie sociale sous le thème « Le rôle des démobilisés dans la consolidation de la paix et l’harmonie sociale ». L’atelier de deux jours a été organisé par l’institution de l’ombudsman en collaboration avec le ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants sur financement de l’Union européenne (UE). Il regroupe 200 représentants des anciens combattants et démobilisés des différents coins du pays provenant de 15 associations. Dans son discours d’accueil, Saidi Juma, le maire de la ville de Bujumbura, a remercié les participants en général et en particulier les invités de marque notamment les membres du Bureau du parlement, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants représentant le gouvernement dans cet atelier, le représentant de l’UE au Burundi, les membres du corps diplomatique et consulaire, les représentants des organisations internationales, des corps de défense et de sécurité, des confessions religieuses, des partis politiques agréés et de la société civile d’avoir répondu à l’ invitation. Certains des invités qui ont pris la parole ont mis l’accent sur le rôle des anciens combattants et démobilisés dans cette période proche des élections nationales. Le représentant de l’UE, Patrick Spirlet, a félicité l’ombudsman pour cette activité combien importante pour le pays en général et les démobilisés et anciens combattants en particulier. Le climat politique, qui doit être apaisé, sera aussi établi avec la contribution de ces démobilisés et anciens combattants, a-t-il dit. L’importance sera de maintenir les effets positifs qui ont été établis avec un soutien aux communautés où les anciens combattants habitent et avec un soutien et suivi par les ministères compétents, militaires et civils, a-t-il poursuivi, après avoir précisé que, au vu de l’importance de la question des démobilisés pour laquelle l’Union européenne, en partenariat avec la Belgique, les Pays-Bas et la Norvège, se sont déjà investis en soutenant le Projet transitoire de démobilisation et de réintégration (PDRT), géré par la Banque mondiale. Il a signalé que ce projet prendra fin ce 30 juin 2014 et a permis le succès, parmi d’autres activités, de la réintégration socio-économique et la construction des maisons pour des personnes sévèrement handicapées. En terme de rôle des démobilises, il a rappelé qu’il serait sage d’établir une stratégie inclusive et non fragmentée afin d’éviter le rejet de toute personne désignée comme démobilisée et alors intégrer un processus de développement socio-économique du pays. La reconstruction de la confiance, le respect de la dignité de chacun quel que soit son passé, seront les piliers dans cette période préélectorale, a-t-il précisé. Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants a quant à lui remercié l’ombudsman pour le choix du thème d’actualité vu que les démobilisés constituent la catégorie importante des personnes dans la contribution au maintien de la paix. Ils savent les effets de la guerre car ils en ont été victimes, a-t-il dit. Les démobilisés sont beaucoup concernés puisqu’ils ont vécu dans des circonstances moins bonnes et ont combattu pour arriver à la consolidation de la paix jusqu’à s’imposer à un autre sacrifice, la démobilisation, a-t-il ajouté. Le ministre a expliqué que cette catégorie est concernée d’autant plus que si la paix est perturbée leurs conditions de vie vont s’empirer et les opportunistes politiques pourront en profiter car ils seront facilement manipulés. Il a clôturé allocution en saluant le travail des associations regroupant les démobilisés afin de gagner leur vie tout en espérant que ledit atelier inspirera les démobilisés pour le changement de comportement et les idées de nouveaux projets qui les épargneraient la monotonie et la solitude et surtout qui les occuperaient utilement. L’ombudsman du Burundi a remercié d’abord tous les invités et les participants pour avoir répondu massivement, particulièrement la représentation de l’UE au Burundi qui a aidé matériellement dans la réalisation de l’atelier. Il a aussi félicité les dirigeants des différentes associations des anciens combattants et démobilisés pour avoir montré leur capacité et bravoure sans hésitations sur le chemin de ce travail. Il a ainsi suggéré de parler de tous leurs projets de développement sous forme de recommandations au terme de l’atelier. Il a fait savoir que la motivation de cet atelier vient du fait que tous les groupes sociaux doivent contribuer dans la consolidation de la paix et l’harmonie sociale et que le groupe des démobilisés renfermant à peu près 50.000 hommes et femmes, est capable de faire de grandes choses. Il a ensuite souligné que ce groupe est utile dans la mesure où ils ont appartenu aux Forces armées burundaises et aux mouvements politiques armés. Ils sont utiles dans l’apaisement du climat électoral s’ils sont bien encadrés en les organisant dans les associations génératrices de revenus, a-t-il ajouté.

 

 

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