Réformer la REGIDESO pour satisfaire la clientèle ?

mercredi 18 juin 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Le ministère de l’énergie et des mines organise du 16 au 20 juin un atelier de réflexion sur l’harmonisation des points de vue sur les recommandations issues de l’audit organisationnel de la REGIDESO et de l’étude stratégique sur la gouvernance de cette société. Selon le ministre de l’Energie et des Mines, M. Côme Manirakiza, cet atelier qui réunit les responsables nationaux des secteurs de l’eau potable et de l’électricité ainsi que les partenaires techniques et financiers a pour objectif de partager les recommandations issues de deux études, à savoir l’audit organisationnel de la REGIDESO et l’étude stratégique sur la gouvernance de la REGIDESO. Il a fait savoir qu’il s’agira d’avoir la même compréhension sur ces recommandations, avoir un consensus sur les décisions de réforme à recommander au gouvernement, notamment sur la séparation de la REGIDESO en deux sociétés, l’une chargée des services de l’eau potable, et l’autre chargée des services de l’électricité ou sur sa restructuration, tout en maintenant les deux services à l’intérieur d’une même société. Il sera aussi question, a précisé le ministre Manirakiza d’avoir l’engagement des partenaires sur le soutien à la mise en oeuvre de ces recommandations. Il a souligné qu’en août 2013, un audit organisationnel de la REGIDESO a été réalisé par le cabinet MAZARD du Sénégal pour diagnostiquer de manière détaillée les disfonctionnements au sein de laREGIDESO, leurs causes et une voie de solutions a été proposée à travers les recommandations de cet audit organisationnel. En mars 2014, a-t-il poursuivi, une étude stratégique sur la gouvernance de la REGIDESO a été achevée. Il a expliqué qu’elle a mis en exergue les avantages et les inconvénients, le coût, les activités et les structures ainsi que les délais nécessaires pour la séparation de la REGIDESO en deux sociétés ou la simple restructuration de la société ; les rôles de la tutelle et du conseil d’administration ; le support approprié des bailleurs de fonds ; les mécanismes de mise en place et de fonctionnement des organes de décision ; l’autonomie de la REGIDESO pour pouvoir activer les mécanismes de fonctionnement comparables au secteur privé ; le système de suivi de la performance ; les systèmes d’ajustement tarifaire pour un développement pérenne et durable d’infrastructures pouvant faire face à la croissance rapide de la demande en eau et en électricité en milieu urbain et semi-urbain ainsi que la protection des consommateurs. A la fin de cet atelier, il est attendu une décision à proposer au gouvernement sur la séparation ou le maintien des services d’eau et d’électricité au sein de la REGIDESO ; un plan d’action sur la réforme de la REGIDESO qui se base sur des recommandations de l’audit organisationnel et de l’étude sur la gouvernance élaborée et convenue entre acteurs ainsi qu’un aide mémoire qui résume les résultats des concertations, a-t-il ajouté. Le ministre Manirakiza a rappelé que l’idée de restructurer la REGIDESO date de 1990 avec le programme de redressement de cette société, où les aspects de gestion financière étaient mis en exergue du fait que la société n’avait pas de comptabilité analytique. Il a indiqué que depuis lors, la préoccupation de procéder à la réforme organisationnelle de la REGIDESO constitue une priorité, car les indicateurs de performance sont assez médiocres, tels que les pertes d’eau potable évaluée à 40% et celles d’électricité à 20% qui conduisent à la non satisfaction des services rendus à la population. Ces réformes constitutionnelles et organisationnelles de la REGIDESO constituent une voie de solution pour aboutir à une gestion financière performante et à la satisfaction des besoins essentiels de la population, notamment l’augmentation du taux d’accès à l’eau potable et à l’électricité, a-t-il dit.

 

 

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