L’OAG analyse l’exécution du budget général de l’Etat 2014 jusqu’au 30 juin

vendredi 19 septembre 2014,par Jean Bosco Nzosaba

L ’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG) a organisé, jeudi, une conférence publique de restitution de l’analyse portant sur l’état d’exécution du budget général de l’Etat, exercice 2014 au 30 juin 2014. Cette analyse permet de vérifier si l’exécution se déroule comme prévu et si les actions devant permettre d’atteindre les objectifs fixés par la loi budgétaire sont entrain d’être bien menées. Comparativement à l’année 2013, l’exécution a été meilleure au niveau recettes et dépenses sauf en ce qui concerne la dette intérieure, a fait remarquer le consultant indépendant, M. Léonce Sinzinkayo. Concernant les erreurs à corriger, le consultant a conseillé notamment de fournir des efforts dans la mobilisation des dons, de diminuer les émissions des Bons du Trésor qui est grande avec beaucoup d’intérêt, d’améliorer la gouvernance économique comme la Banque mondiale l’a recommandé, de permettre au FONIC de consacrer aux communes 50 millions prévus pour chacune. Selon le consultant, l’état d’exécution est caractérisé par un encours de la dette préoccupante et une faible mobilisation des ressources extérieures. Il a souligné que les projections de mobilisation de ressources et l’exécution des dépenses que le gouvernement s’était fixé initialement étaient relativement réalistes ce qui a fait que le budget 2014 soit faiblement révisé à la hausse.

L’accroissement de l’endettement intérieur est passé de 578,6 milliards de FBu en janvier 2014 à 612,7 milliards en juin 2014, soit une augmentation de 6% est cela est préoccupant, selon le consultant. Cela est la conséquence du problème de financement dit phénomène d’éviction qui consiste à ce que les banques commerciales et les institutions financières financent les déficits budgétaires de l’Etat en achetant les Titres du Trésor au lieu de financer les projets du secteur privé, créateur de richesse et d’emploi. Par ailleurs, le recours aux avances de la BRB a été évité mais le ministère des Finances a procédé à l’émission de nombreux Bons du Trésor pour un montant de 159,3 milliards de FBu.

Concernant la mobilisation des ressources extérieures, il a souligné que les dispositifs ont été relativement performants. En effet, le taux d’exécution des dons au 30 juin est de 15,3% contre 7,4% en 2013, le taux de tirage sur les emprunts étant de 96,4%. Par contre, l’on a enregistré des performances fiscales au niveau de l’OBR.

A travers cette analyse, l’OAG recommande au gouvernement de poursuivre les efforts engagés pour élargir l’assiette fiscale en vue d’assurer davantage le financement des interventions de l’Etat par des recettes intérieures y compris la réduction des exonérations non prévues par des conventions internationales. Cette organisation recommande en outre d’accroître et d’accorder une priorité aux transferts budgétaires aux administrations locales, principaux acteurs de croissance économique et ne pas concentrer tous les projets de développement au niveau central. L’OAG invite par ailleurs le gouvernement à renforcer les dispositifs de mobilisation des ressources extérieures pour assurer les investissements prévus et d’éviter le morcellement des projets ou programmes financés sur financement extérieur ou transférer une bonne partie de ces projets au niveau des collectivités locales.

 

 

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