Burundi : première visite officielle du rapporteur spécial des Nations-Unies sur les droits de l’Homme

vendredi 14 novembre 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Michel Forst, expert des Nations-Unis sur la situation des droits de l’homme, sera en visite officielle au Burundi du 14 au 25 novembre. Cette nouvelle a été confirmée ce jeudi par un communiqué rendu public par le Bureau du Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme à Bujumbura. « Il a été invité par le gouvernement burundais pour examiner la situation des défenseurs des droits de l’homme ainsi que le cadre juridique et l’environnement dans lesquels ces derniers œuvrent », confirme un défenseur des droits de l’homme au Burundi. Il s’agit de sa première visite officielle au Burundi, en qualité d’expert indépendant mandaté par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour surveiller, rendre compte et faire des recommandations sur la situation des défenseurs des droits de l’homme dans le pays. Selon le même communiqué, « l’expert indépendant s’entretiendra avec des représentants du Gouvernement, des pouvoirs législatifs et judiciaires, ainsi qu’avec des membres de la commission nationale indépendante des droits de l’homme, un large éventail d’acteurs de la société civile, et des représentants de l’ONU et du corps diplomatique ». De nationalité française, Michel a été nommé en juin 2014 par le Président du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a nommé comme Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme. Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce qui est désigné sous le nom des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole, ne font pas partie du personnel de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Indépendants des gouvernements et des organisations, ils exercent aussi leurs fonctions à titre indépendant. En cette période où le pays s’approche des élections de mai 2015, la page burundaise des droits de l’homme est particulièrement marquée par le harcèlement des opposants politiques et des défenseurs des droits de l’homme ainsi que la recrudescence des actes d’insécurité perpétrés en l’occurrence par les jeunes « Imbonerakure » du parti présidentiel, CNDD-FDD. « Le cas le plus emblématique est celui lié à l’emprisonnement, quatre mois durant, du militant des droits humains, Pierre-Claver Mbonimpa, rien que pour avoir dénoncé les entraînements paramilitaires des jeunes Imbonerakure à l’est de la République démocratique du Congo », confie Innocent Ndayikeza, un des défenseurs des droits humains au Burundi.

 

 

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