Contre les violences basées sur le genre

jeudi 27 novembre 2014,par Jean Bosco Nzosaba

Dans le cadre du lancement des 16 jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre (VBG), un atelier de réflexion sur la stratégie locale de lutte contre ces violences a été organisé mardi à Rutana (sud-est) par le Centre de développement familial et communautaire (CDFC) sous l’égide de l’administration provinciale avec l’appui de l’ONG dénommée World vision, a-t-on constaté surplace. Au cours de cet atelier qui rassemblait plus d’une vingtaine de responsables provinciaux dont certains chefs de services publics ayant dans leurs attributions la répression de ce genre d’infraction, les représentants des organisations qui œuvrent dans le domaine des droits de la femme, certains représentants des confessions religieuses, les participants sont tous tombés d’accord pour la mise en place d’une plate-forme provinciale de lutte contre ces violences. Cette plate-forme serait un cadre de coordination des activités de lutte contre ces violences et de conjugaison des efforts, étant donné qu’il s’est révélé qu’il y avait plusieurs intervenants dans ce domaine qui travaillaient chacun en vase clos, ce qui faisait que les résultats n’étaient pas très remarquables. Pour être plus efficace, cette plate-forme serait décentralisée au niveau des communes, des zones et des collines. Les participants à l’atelier se sont inquiétés du problème de manque de moyens auquel pourrait se heurter cette future organisation, mais se sont convenus d’abord sur sa mise en place, sa formalisation devant se faire par le gouverneur de province, pour ensuite procéder à l’élaboration de son plan d’actions à soumettre pour financement aux partenaires potentiels. Après sa mise en place, il sera étudié un cahier de charges pour chacun, étant donné que selon certains participants, d’autres plate-forme ont existé et existent toujours, sans produire des effets palpables. Avant d’en arriver à la proposition de la mise en place de cette plate-forme, les participants à l’atelier se sont penchés sur les problèmes majeurs qui font que les VBG continuent de faire parler d’elles sans être suffisamment dénoncées, alors que la sensibilisation est faite tous les jours. Pour tout le monde présent, ce qui encourage ces VBG est l’impunité, étant entendu que les auteurs ne sont pas sévèrement sanctionnés. Les autres causes sont les coutumes nationales, l’ignorance, les mariages illégaux ou unions libres, la pauvreté, les pots-de-vin, la mauvaise préparation au mariage, la méconnaissance du code des personnes et de la famille, les lacunes qu’accuse la loi, l’intimidation par les auteurs, le manque de moyens de transport pour les victimes jusque là où se trouvent les services habilités à traiter ces cas. Les victimes de ces violences sont souvent les femmes et filles, et les auteurs sont les époux et les voisins. Concernant les obstacles auxquels les victimes se heurtent et qui font que ces cas ne soient pas dénoncés, il a été évoqué le manque de preuves et de témoins, étant donné que ces violences se font souvent en cachette, la dépendance économique des femmes qui fait qu’elles ne peuvent pas dénoncer leurs maris alors que ce sont eux qui subviennent à leurs besoins, et le peu de femmes policières pour encourager leurs condisciples à porter plainte. Pour tous ces problèmes, les participants à l’atelier ont proposé comme solution la sensibilisation tous azimuts pour que les gens s’imprègnent que ce problème est réel.

 

 

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