Appel à une commémoration collective des crimes

jeudi 31 janvier 2019,par Jean Bosco Nzosaba

Le président du Conseil National pour l’Unité Nationale et la Réconciliation, l’ambassadeur Guillaume Ruzoviyo, encourage le gouvernement burundais à l’établissement des journées de "commémoration collective" sur les crises du passé "sanglant" afin d’accélérer le processus de réconciliation au Burundi.

Dans une interview exclusive accordée à Xinhua en marge de la clôture d’une réunion organisée par la nouvelle équipe de la Commission Vérité Réconciliation (CVR) à l’intention des partenaires nationaux, M. Ruzoviyo réagissait par rapport aux "fractures identitaires d’allure politico-ethnique" constatées par la CVR lors de la commémoration des crises du 29 avril 1972 et du 21 octobre 1993.

Créée par une loi promulguée le 6 novembre 2018, la CVR est chargée notamment d’enquêter et établir la vérité sur les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises durant la période allant du 26 février 1885 au 4 décembre 2008, date de la fin de la belligérance armée.

Pour lui, comme le gouvernement du Burundi a décidé de prendre en main la question de l’unité nationale et de la réconciliation, il faudrait lui laisser cette possibilité de pouvoir établir "ces faits néfastes" notamment en établissant des sépultures dignes des restes humains ; mais aussi établir des journées de commémoration collective.

"Il faut rompre à tout prix avec des journées de commémoration à base d’appartenance ethnique où chaque ethnie organise en catimini sa propre commémoration. Non, il faut absolument des journées nationales de commémoration à une date bien établie pour les violations graves des droits de la personne humaine au Burundi", a-t-il recommandé. Une telle étape dans le processus de réconciliation nationale, a-t-il poursuivi, serait consolidée par l’érection des "monuments collectifs d’envergure nationale" sur les crises du passé.

"Il faut éviter des monuments qui divisent les Burundais ; raison pour laquelle toutes les forces vives de la Nation doivent soutenir le gouvernement burundais dans la prise en charge de toutes ces initiatives participant à la consolidation de la cohésion nationale", a-t-il insisté.

A ses yeux, la CVR burundaise devrait s’inspirer de la CVR sud-africaine qui, grâce notamment au charisme politique et la vision unitaire de Nelson Mandela, a réussi à faire "transcender les anciens clivages" entre les communautés raciales du pays.

Selon l’article 269 de la constitution en vigueur promulguée le 7 juin 2018, le Conseil National pour l’Unité Nationale et la Réconciliation, est un organe consultatif chargé de "mener des réflexions et de donner des conseils sur toutes les questions essentielles" relatives à l’unité, à la paix et à la réconciliation nationale, en particulier celles ayant trait aux missions prioritaires des institutions.

Source : Xinhua

 

 

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