Je Suis Africain, le nouvel hashtag qui veut lancer un rappel au monde

mercredi 14 janvier 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Alors que "Je suis Charlie", en soutien au journal français victime d’une attaque meurtrière la semaine passée, est devenu un slogan international pour dire non au terrorisme, "Je suis Africain", veut devenir la nouvelle onde de choc mondiale, a déclaré à Anadolu Sambou Biagui, Coordonnateur Général des Activités de la Plateforme africaine pour le développement et les droits humains (Pladh - ONG sénégalaise) basée à Dakar. "Je suis Charlie", s’est propagée comme une trainée de poudre dans les rues du monde entier ainsi qu’en Afrique. Dirigeants africains, organisations, journalistes, population civile, beaucoup ont largement condamné l’attaque perpétrée contre le journal satirique qui a fait 12 morts en reprenant ce slogan. Mais si les africains, se sont montrés solidaires des français, ils appellent aussi la communauté internationale à ne pas ignorer leur continent qui, chaque jour, est mis à mal par les maladies, le terrorisme et d’autres maux, rappelle Sambou Biagui, joint par téléphone. Ainsi, les réseaux sociaux sont peu à peu envahi par les hashtags "#JeSuisNigeria" , " #JeSuisCongo", et surtout "#JeSuis Africain", souvent accompagné d’un message photo #StopBokoHaram, #StopEbola ou encore des images rappelant la famine qui sévit dans certains pays. De l’épidémie Ebola qui a fait plus de 8400 morts (bien 8400) en Afrique de l’Ouest depuis son éclosion l’an passé, selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), aux attaques du groupe armé Boko Haram qui a fait, au Nord-Ouest du Nigéria notamment, des milliers de victimes et des dizaines de milliers de réfugiés, selon des sources humanitaires, la toile regorge de dénonciation. Au point que la Plateforme africaine pour le développement et les droits humains, a lancé un grand appel à toutes les associations Africaines, la société civile, les défenseurs des droits humains afin de se rassembler, le 24 janvier prochain dans toutes les capitales africaines pour clamer haut et fort "Je suis Africain" - mais aussi "Je suis Nigérian", "Je suis Camerounais", "Je suis Kenyan", a expliqué Biagui. "Nous devons montrer que nous sommes fiers d’être africain, nous devons nous lever pour corriger le mal qui ronge notre continent. Toutes les capitales doivent se mobiliser pour marquer leur fierté et dénoncer l’inactivisme de nos politiques dans la résolution de nos problèmes" a-t-il ajouté, précisant qu’il avait reçu des appels spontanés de plusieurs associations africaines "heureuses de cette marche et qui veulent à tout prix se mobiliser". "Nous avons remarqué une vague de contestation, sur internet, notamment après la marche républicaine de Paris" -qui a mobilisé plus de 50 Chefs d’Etats dont six présidents Africains (Macky Sall pour le Sénégal, Yayi Boni pour le Bénin, Faure Gnassimbé pour le Togo, Ibrahim Boubacar Keita, pour le Mali, Denis Sassou Nguesso pour la RDC et Ali Bongo Ondimba pour le Gabon), a-t-il relevé. Les internautes ont en effet largement dénoncé le fait que les présidents africains pleurent les morts français mais pas "les leurs". Le grand rassemblement africain aura donc pour but de rappeler au monde que des personnes sont massacrées au Nigéria, en Centrafrique, au Nord Mali, au Kénya, au Congo, au Soudan etc. comptabilisant des morts par centaines ou miliers chaque année, rappelle encore la plateforme.

source : Anadolu

 

 

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