62% de Burundais se prononcent pour la limitation des mandats présidentiels à deux

lundi 2 février 2015,par Jean Bosco Nzosaba

62% de Burundais se prononcent pour la limitation des mandats présidentiels à deux

Le directeur exécutif de Groupe de recherche et d’appui au développement des initiatives démocratiques (GRADIS), M. Christophe Sebudandi a animé vendredi à Bujumbura, une réunion d’échanges sur les résultats d’une enquête axée sur la perception des citoyens burundais sur les élections de 2010, les intentions de vote aux présidentielles de 2015 et la limitation des mandats présidentiels. Cette étude s’inscrit dans le cadre des activités initiées par « Afrobaromètre » qui est un réseau de recherche non partisan qui mène des enquêtes d’opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques et les questions connexes dans plus de 30 pays en Afrique. Dans son mot introductif des résultats, M. Sebudandi a indiqué que les Burundais ont la foi dans des élections libres et transparentes. Ils souhaitent également qu’il y ait l’alternance au sommet de l’Etat après deux mandats présidentiels. En effet, d’après les résultats d’enquête sur l’opinion publique réalisée aux mois de septembre et octobre 2014, une majorité de 62% de Burundais se prononce pour la limitation des mandats présidentiels à deux. Selon cette enquête, un écart significatif se dégage nettement entre les citadins et les ruraux sur cette question de mandat. Les citadins qui sont favorables à la limitation des mandats présidentiels représentent 82%, alors que les ruraux ne sont que 59%. Par ailleurs, les résultats clés de cette enquête montrent que si les élections présidentielles étaient organisées en octobre 2014, 56% de Burundais voteraient pour le candidat issu du CNDD-FDD. Dans le même ordre d’idées, le FNL d’Agathon Rwasa et l’UPRONA obtiendraient chacun 3%, tandis que les partis FRODEBU, MSD, FRODEBU-Nyakuri auraient chacun 2% de voix. Il importe aussi de signaler que 12% des répondants ont refusé de révéler leur appartenance politique et que 12% ont dit qu’ils ne savaient pas pour qui ils allaient voter. De plus, il faut noter que ces résultats ne seraient valables qu’à ce moment bien précis, a précisé le directeur exécutif de GRADIS. En revanche, 62% des personnes interrogées pensent que les candidats de l’opposition sont parfois empêchés de se présenter aux élections. En outre 51% de Burundais disent que les élections ne permettent pas de garantir que les représentants de l’Assemblée nationale reflètent les vues des électeurs. Cette enquête a également révélé que 53% des personnes interviewées pensent que la Commission nationale terre et autres biens (CNTB) joue son rôle sans penchants politique et ethnique, tandis que 34% de Burundais estiment que la CNTB fait son travail en s’appuyant sur des penchants politiques et ethniques. Signalons que l’objectif de ce genre d’activités est de donner au public une voix dans les processus de prise de décision politique, en fournissant des données de haute qualité aux décideurs, aux organisations de la société civile, aux académiciens, aux médias, aux bailleurs et investisseurs ainsi qu’aux africains ordinaires. Rappelons que GRADIS est le partenaire national d’Afrobaromètre au niveau du Burundi.

 

 

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