Cap sur les défis du système électoral burundais

vendredi 6 février 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Beaucoup de défis subsistent pour le système électoral burundais en dépit de certaines avancées introduites dans le nouveau code électoral promulgué en 2014 pour régir les prochaines élections burundaises de 2015, a fait remarquer jeudi M. Augustin Nkenguruste, expert juriste sur les questions électoralistes et ancien secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour les élections burundaises de 2005 et de 2010.

Quand bien même le regroupement de certaines élections (communales et législatives) et l’usage du bulletin de vote unique prévus pour les scrutins de 2015 constituent de bonnes innovations introduites dans le nouveau code électoral burundais promulgué en 2014, il subsiste cependant beaucoup de défis à relever, a insisté, M. Nkenguruste dans son analyse sur la dynamique des élections burundaises organisée sous les auspices d’une organisation internationale américaine IFES (Fondation internationale sur les systèmes électoraux).

Pour lui, les Burundais doivent impérativement arriver à la stabilisation de leur système électoral en produisant un code électoral pérenne qui ne pourrait subir que des retouches mineures d’actualisation en cas de besoin. Il n’est pas normal, a-t-il affirmé, qu’à chaque processus électoral, les Burundais se voient obligés de promulguer un nouveau code électoral. Il a estimé par ailleurs que le Burundi doit parvenir à relever le défi organisationnel et financier en période électorale.

Les marathons électoraux auxquels le Burundi semble se conformer ne peuvent pas continuer dans les années à venir pour des raisons pratiques et financières, a-t-il déclaré. Il faut que les Burundais, a-t-il recommandé, trouvent un moyen pour étaler les scrutins dans le temps (une élection par an par exemple) ou s’alignent sur le modèle de la Tanzanie reconnue pour avoir réussi à organiser tous les scrutins le même jour.

"Dans le même ordre d’idées, il n’est pas normal que le Burundi continue à compter sur la générosité de l’extérieur pour organiser les élections. La tendance actuelle qui fait que la communauté internationale intervient pour plus de 80% devrait être inversée dans la mesure où les élections sont avant tout une question de souveraineté", a-t-il plaidé.

Le grand défi pour le Burundi reste celui de la gestion du contentieux électoral, a fait remarquer l’expert Nkenguruste avant de souligner que " la plus grosse lacune du code de 2014, est de n’avoir pas désigné les juridictions compétentes en matière électorale".

 

 

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