Le respect de l’Accord d’Arusha dans le débat sur le 3ème mandat du président Nkurunziza

vendredi 6 mars 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Le respect de l’Accord d’Arusha dans le débat sur le 3ème mandat du président Nkurunziza

Le chef de délégation de l’Union européenne (UE) au Burundi, M. Patrick Spirlet, a plaidé jeudi à Bujumbura pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi (AAPRB) d’août 2000 dans le débat en cours sur le 3ème mandat du chef de l’Etat burundais, Pierre Nkurunziza, à l’élection présidentielle de 2015. La position de l’UE à propos de ce débat est qu’une solution y relative ne devrait pas s’écarter du prescrit de l’AAPRB, pour avoir joué un rôle important sur la stabilité et sur les politiques de développement et de sécurisation du pays depuis environ 15 ans, a-t-il précisé, dans un point de presse tenu en marge d’une séance de dialogue politique entre une délégation des ambassadeurs des pays de l’UE accrédités au Burundi et celle du gouvernement burundais. L’UE a néanmoins souligné que la paix reste toujours fragile au Burundi et qu’il est important que toutes les forces politiques et sociales puissent trouver les bonnes solutions pour diminuer les tensions et favoriser l’apaisement. Or, a fait remarquer M. Spirlet, de nombreuses voix se sont élevées, ces derniers temps, par rapport au respect des clauses de l’AAPRB, et en particulier par rapport à la question du 3ème mandat. Face à cette situation, l’UE a plaidé, auprès du gouvernement burundais, que ces voix soient écoutées, a-t-il ajouté. Néanmoins, l’UE déplore que ces divisions soient vécues dans un moment où le Burundi éprouve un besoin d’apaisement pour pouvoir panser ses plaies issues des diverses crises, afin de pouvoir aller aux élections de façon paisible, a-t-il affirmé. L’analyse de la situation de l’UE, a-t-il poursuivi, est que la présentation pour un 3ème mandat du chef de l’Etat actuel peut créer un certain nombre de tensions et présenter un certain nombre de risques. C’est la raison pour laquelle l’UE recommande au gouvernement burundais d’aborder cette question avec beaucoup de prudence, en essayant de favoriser une position consensuelle et surtout apaisée entre tous les courants politiques burundais, "pour éviter que cette question détériore le climat politique", a-t-il affirmé. L’UE demande aussi au gouvernement burundais d’initier des mesures de flexibilité nécessaires en vue d’une large ouverture de l’espace politique burundais, afin que tous les leaders politiques, dont ceux qui sont poursuivis actuellement en justice, puissent véritablement participer aux prochaines élections, a-t-il insisté. Réagissant aux propos du chef de la délégation de l’UE au Burundi sur la question du 3ème mandat présidentiel du chef de l’Etat burundais, le ministre burundais des Relations extérieures et de la Coopération internationale, M. Laurent Kavakure a déclaré qu’il ne faut pas suivre à la lettre l’esprit de l’AAPRB pour aborder cette question des mandats présidentiels au Burundi, ajoutant qu’il faut plutôt l’adapter au contexte politique que les Burundais sont en train de vivre actuellement. Car, a-t-il noté, l’AAPRB, pour le gouvernement burundais, est certes un accord de paix historique ayant permis aux Burundais de ressouder le tissu national déchiré, mais ne doit en aucun cas être considéré comme un texte inamovible. L’importance de l’AAPRB, a-t-il poursuivi, est de permettre aux Burundais de vivre ensemble dans l’harmonie. Par ailleurs, le ministre Kavakure a écarté l’hypothèse selon laquelle la question du 3ème mandat de l’actuel chef de l’Etat burundais pourrait constituer un facteur de risque ou d’instabilité. "Non, nous ne le voyons pas sous cet angle. Nous, nous voyons surtout cette question sous l’angle du respect de l’AAPRB et de la Constitution républicaine de par son rôle de loi fondamentale, mais ne partageons pas la même appréciation que se font certains partenaires, selon lesquels le 3ème mandat serait un facteur de risque. Car, nous les Burundais, sommes bien placés pour évaluer ces différents risques et y trouver des solutions", a-t-il conclu.

 

 

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