Suspension d’un marché chinois d’investissement controversé au Burundi

mercredi 11 mars 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza, a pris la décision, mardi, de suspendre temporairement l’attribution d’une concession de terrain à l’ancien Marché central de Bujumbura à une société chinoise d’investissement en Afrique, dans des conditions jugées "opaques" dans les milieux commerçants, apprend-on de source officielle dans la capitale burundaise. D’après le porte-parole du président burundais, Léonidas Hatungimana, c’est après avoir constaté des spéculations susceptibles de provoquer des troubles à l’ordre public à l’approche des élections que le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, a décidé de suspendre temporairement l’octroi et l’exécution du marché. Les commerçants de l’ancien Marché central de Bujumbura menaçaient de s’opposer par "tous les moyens" à la convention de concession, sur 50 ans, du site du Marché central qui était parti en fumée, il y a deux ans, suite à un incendie. D’autres organisations de la Société civile, ainsi que des partis politiques en voulaient également au contrat qui a été signé entre le gouvernement du Burundi et "Sino-african trading and investment initiative Co limited", "sans appel d’offres international à concurrence" pour un montant global de concession de 50 millions de dollars américains. Peu de gens s’opposent, par contre, à ce que le site devenu pollueur du centre-ville de Bujumbura, soit vidé de ses détritus et autres immondices pour y ériger un grand centre commercial, comme le prévoyait le contrat avec les Chinois. Le Syndicat général des commerçants (Sygeco) demande plutôt que la passation du marché soit faite dans la transparence et en concertation avec les anciens usagers de ce qui passait récemment encore pour le poumon économique du pays, avec des entrées journalières de plus d’un milliard de francs burundais (près d’un million de dollars). "Le chef de l’Etat burundais veut des élections apaisées et le dossier reviendra à la surface après les prochaines échéances électorales", a rassuré M. Hatungimana. Parmi les élections prévues entre les mois de mai et août figure la présidentielle de juin et juillet, en cas de second tour.

 

 

Copright © Observatoire de l'Action Gouvernementale (OAG)