Menacé de mort, le vice-président de la cour constitutionnelle se fait la belle

mardi 5 mai 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Menacé de mort, le vice-président de la cour constitutionnelle se fait la belle

Le vice-président de la Cour constitutionnelle du Burundi, appelée à se prononcer dans les jours qui viennent sur la légalité d’un nouveau mandat du président Pierre Nkurunziza, a fui le Burundi lundi pour ne pas céder aux pressions exercées sur la Cour afin qu’elle valide cette candidature.

Lors d’un entretien qui s’est déroulé au Burundi, avant qu’il ne quitte le pays, Sylvère Nimpagaritse a assuré que les juges de la Cour s’étaient vu pressés, par de hauts responsables qu’il a refusé de nommer, de signer un arrêt imposé de l’extérieur, validant la candidature du président sortant.

"En mon âme et conscience, j’ai décidé de ne pas apposer ma signature sur un arrêt, une décision qui carrément est à côté de la loi et qui a été imposée de l’extérieur, qui n’a rien de juridique", a expliqué M. Nimpagaritse, qui se trouve depuis lundi à l’étranger ont confirmé des proches.

Le Burundi est entré lundi au neuvième jour d’une virulente contestation contre la candidature, à la présidentielle du 26 juin du président Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010. Les opposants à cette candidature estiment qu’elle est contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha de 2000 qui a ouvert la voie à la fin de la guerre civile burundaise (1993-2006) et a posé les bases des actuelles institutions. La Constitution, comme l’Accord d’Arusha, limitent à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais les partisans du chef de l’Etat estiment que le premier mandat de M. Nkurunziza, élu par le Parlement en 2005 comme premier président de l’après-transition, au titre d’un article transitoire de la Constitution, n’entre pas dans le champ de l’article 96 qui prévoit l’élection au suffrage direct et stipule que le mandat présidentiel n’est renouvelable qu’une fois.

M. Nimpagaritse a assuré qu’une majorité des sept juges de la Cour estimaient inconstitutionnelle la candidature de M. Nkurunziza, mais que ceux-ci avaient subi d’énormes pressions et même des menaces de mort pour changer d’avis.

Le Sénat burundais, contrôlé par le Cndd-FDD de M. Nkuruniza, a saisi le 29 avril la Cour constitutionnelle de la question de la légalité d’un nouveau mandat du président sortant.

La décision de la Cour est attendue dans les jours à venir, en tout état de cause avant le 9 mai, date à laquelle la commission électorale doit publier la liste des candidats à la présidentielle.

 

 

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