Au Burundi, les élections semblent de moins en moins légitimes

vendredi 29 mai 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Au Burundi, les élections semblent de moins en moins légitimes

L’Eglise catholique, très impliquée dans les commissions électorales du Burundi, s’est retirée du processus électoral. Le Conseil de Sécurité de l’ONU plaide pour un report des scrutins.

La contestation populaire continue au Burundi. Ce jeudi, l’influente Eglise catholique a annoncé son retrait du processus électoral qui cristallise les tensions depuis un mois dans le petit pays africain. De nombreux prêtres occupent des fonctions importantes au sein des différentes commissions électorales, et il leur est aujourd’hui demandé de démissionner.

Cette annonce hypothèque encore un peu plus les scrutins prévus au Burundi : d’abord les législatives et communales le 5 juin, la présidentielle le 26 juin, puis les sénatoriales le 17 juillet. Pourquoi les Burundais sont-ils descendus dans la rue ? C’est la présidentielle qui pose problème. Fin avril, le président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a annoncé sa candidature pour un troisième mandat. Les protestataires estiment qu’il viole ainsi les termes de l’accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin en 2006 à une sanglante guerre civile qui faisait rage depuis 1993, et limitait le nombre de mandats à deux.

En face, le camp présidentiel juge cette candidature légale puisque le président a été élu par le parlement pour son premier mandat, et non au suffrage universel comme en 2010. Ils font valoir que cette élection serait seulement sa seconde confrontation à la voix du peuple. Ces élections sont-elles encore légitimes ?

Le retrait de l’Eglise n’est pas le premier. Il vient s’ajouter au retrait du camp de l’opposition, qui a jugé mercredi "impossible" la tenue de ces élections en raison du "désordre" et de l’insécurité dans le pays. "Cautionner un tel processus revient à soutenir une prévisible guerre civile", avance l’opposition dans une déclaration commune. Elle demande aux partenaires internationaux du Burundi de "ne jamais reconnaitre les résultats d’élections qui auront été organisées par Nkurunziza dans ces conditions".

De son côté, la communauté internationale fait pression pour un report des scrutins. Une majorité des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté en ce sens.

Par ailleurs, les affrontements ont été très meurtriers. Au moins trente personnes ont été tuées, dont le dirigeant d’un petit parti d’opposition, Zedi Feruzi. Et la tentative avortée de coup d’Etat, le 14 mai dernier, est le signe de la très forte instabilité dans le pays.

Source : l’express

 

 

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