L’Union africaine appelle à trouver un consensus au Burundi

mardi 16 juin 2015,par Jean Bosco Nzosaba

La crise au Burundi a été le thème central de ce 25e sommet de l’Union africaine (UA), organisé du 7 au 15 juin à Johannesburg, en Afrique du Sud. Le dialogue totalement bloqué entre le camp présidentiel et l’opposition, sur fond de tensions entre Hutus et Tutsis, fait craindre à beaucoup d’observateurs une dégradation de la situation en guerre civile.

L’UA, qui suit ce dossier de près depuis près d’un an, entendait donc prendre des mesures fortes pour trouver une solution politique et pacifique à cette crise.

Sans parler ouvertement d’un report des élections législatives et présidentielle, fixées par les autorités burundaises aux 29 juin et 15 juillet, l’organisation panafricaine a réclamé la reprise du dialogue entre les parties adverses pour trouver un consensus sur une date d’élections crédibles et transparentes.

La commission de l’UA a aussi décidé l’envoi immédiat d’une cinquantaine d’experts militaires et d’observateurs des droits de l’homme au Burundi pour superviser le désarmement des milices et autres groupes armés à travers le pays. Le médiateur onusien Saïd Djinnit ayant jeté l’éponge, la conduite de la médiation internationale est désormais confiée au chef de l’État tanzanien Jakaya Kikwete, président en exercice de la Communauté est africaine (CEA).

« Globalement, tout le monde est plutôt satisfait des décisions de l’UA, glisse un diplomate occidental présent à Johannesburg. Nous n’en attendions pas tant.

Il faut maintenant que la CEA assure la suite. » Une réunion de suivi des ministres des Affaires étrangères de l’organisation régionale est-africaine se déroule actuellement au Burundi. Son objectif sera de pousser Pierre Nkurunziza et son gouvernement, jusque-là totalement imperméables aux différentes pressions internationales, à infléchir leur position.

La question de la légitimité d’un éventuel troisième mandat du président burundais a en revanche été à peine abordée. Seul Smaïl Chergui, commissaire à la Paix et à la sécurité de l’UA, a affirmé dans sa conférence de presse de clôture, lundi soir, que « tout, y compris la candidature du président pour un nouveau mandat, devrait faire partie du dialogue ».

 

 

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