Le gouvernement reste intransigeant sur la modification du calendrier électoral

vendredi 19 juin 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Le gouvernement reste intransigeant sur la modification du calendrier électoral

Le gouvernement de la République du Burundi s’est montré jeudi intransigeant vis-à-vis de la modification du calendrier électoral décrété le 10 juin dernier par le chef d’Etat burundais Pierre Nkurunziza.

Le 13 juin dernier à Johannesburg (Afrique du Sud), le conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), réuni au niveau d’un sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement, a plaidé pour un consensus politique burundais autour du calendrier électoral. Cependant, en réaction à ce plaidoyer du sommet de l’UA, le gouvernement burundais, dans un communiqué publié jeudi soir, mais datée du 16 juin dernier, réaffirme que le nouveau calendrier électoral revêt un caractère "inamovible".

Selon M. Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement burundais, le nouveau calendrier, techniquement et constitutionnellement acceptable, prévoit les élections des conseillers communaux et des députés au 29 juin 2015, l’élection du président de la République au 15 juillet 2015 et l’élection des sénateurs au 24 juillet 2015.

"Comme recommandé d’ailleurs par le sommet des chefs d’Etat de l’East African Community (EAC) sur le Burundi le 31 mai 2015 à Dar-Es-Salaam, et dans le souci de préparer des élections libres, apaisées, participatives et transparentes de 2015, le gouvernement burundais a déjà reculé les échéances des élections aux dates les plus éloignées dans les limites des contraintes constitutionnelles pour éviter le chaos qui serait créé par un vide institutionnel", explique le communiqué gouvernemental.

En effet, le 25 avril dernier, la désignation du président Nkurunziza par des militants du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD : parti au pouvoir), pour briguer un nouveau mandat présidentiel au suffrage universel direct pour la prochaine élection présidentielle, a provoqué des manifestations des militants des partis politiques d’opposition et de la société civile.

L’opposition et la société civile burundaises, organisatrices de ces manifestations, accusent le président Nkurunziza d’avoir accepté de briguer un 3ème mandat présidentiel, en violation de la Constitution en vigueur et de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi (AAPRB) signé le 28 août 2000 à Arusha (nord de la Tanzanie). Selon l’AAPRB, tout chef d’Etat burundais a droit à un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.

Selon le président de l’Alliance des démocrates pour le changement (ADC : une coalition des partis politiques d’opposition), Léonce Ngendakumana, les deux derniers sommets de l’EAC sur le Burundi (celui du 13 mai et du 31 mai 2015) ainsi que celui de l’UA du 13 juin dernier, ont déçu pour s’être gardé de se prononcer sur la principale pomme de discorde de la nouvelle crise burundaise, à savoir la question du "nouveau mandat controversé" du président Nkurunziza. En juin 2010, la population burundaise a élu directement M. Pierre Nkurunziza au poste de président de la République mais en août 2005, il avait déjà été élu également au même poste, mais au suffrage indirect (par les deux chambres du parlement bicaméral réunis en congrès : Assemblée nationale et Sénat).

En réaction à la recommandation du dernier sommet de l’UA portant sur le déploiement des experts militaires de l’UA pour appuyer le Burundi dans le désarmement des groupes de jeunes affiliés aux partis politiques, les autorités burundaises se disent disposées à les accueillir. "Tout appui régional ou international sous forme d’observateurs recommandé par l’UA, serait le bienvenu pour constater les efforts fournis par une commission nationale en charge du désarmement, en vue d’accélérer le rythme de récupération de toutes les armes détenues par la population", signale-t-on du côté du gouvernement burundais.

A ce jour, indiquent les autorités burundaises, plus de 100.000 armes à feu ont déjà été récupérées par les forces de sécurité burundaises dans le cadre du programme national de désarmement. Les autorités burundaises se réjouissent aussi du retour progressif des réfugiés en le qualifiant de "satisfaisant".

"Plus de 35.000 sur environ 70.000 réfugiés signalés, qui avaient fui les dernières rumeurs, sont déjà rentrés, dont 15.000 accueillis dernièrement par le chef de l’Etat à Makamba au sud du pays, de retour de la Tanzanie, et d’autres rentrés du Rwanda au nord, dans les provinces Kirundo et Muyinga", explique-t-on au sein du gouvernement burundais.

Le gouvernement burundais, poursuit son porte-parole Nzobonariba, déplore que certains pays et organisations d’accueil des réfugiés "soient des obstacles au retour de ces réfugiés. Toutefois, les autorités burundaises se sont gardées de pointer du doigt ces pays et organisations.

 

 

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