Burundi : Le HCR va continuer à soutenir le retour des réfugiés qui choisissent de rentrer au pays

mercredi 11 avril 2018,par Jean Bosco Nzosaba

Le président de la République, M. Pierre Nkurunziza, a reçu en audience le mardi 10 avril 2018, le représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), M. Fillipo Grandi, après sa tournée dans la région des Grands-lacs, a constaté l’ABP sur place.

Sa visite au Burundi est la dernière étape d’une tournée qu’il a menée en République démocratique du Congo et au Rwanda avant de regagner le siège de Genève, a indiqué à la presse le porte-parole adjoint du président de la République, M. Alain Nzeyimana. L’entretien du président Nkurunziza avec M. Grandi a porté sur la situation des réfugiés de la région des Grands lacs. Les deux personnalités ont échangé sur la situation des quelques 73.000 réfugiés congolais vivant au Burundi. Dans ce cadre, M. Filippo a tenu à remercier le président Nkurunziza et le peuple burundais pour l’accueil très généreux et l’hospitalité qu’ils continuent de donner à cette population congolaise, malgré les ressources limitées.

Conscient des efforts déployés par le Burundi, le représentant du HCR a lancé un appel à la communauté internationale de faire plus d’efforts pour appuyer le pays et les communautés environnantes des camps qui hébergent ces réfugiés afin de les aider à soutenir ce fardeau jusqu’à ce que ces réfugiés puissent retourner dans leur pays d’origine.

La question des réfugiés burundais qui sont dans les pays voisins a été abordée au cours de l’entretien. M. Grandi a indiqué que 21 000 Burundais sont retournés spontanément et volontairement de la Tanzanie depuis la fin de l’année 2017 jusqu’au début de 2018. Il a promis au président Nkurunziza que le HCR va continuer à soutenir le retour de ceux qui choisissent de rentrer au pays et a apprécié que le président Nkurunziza soit bien disposé à continuer cette collaboration.

Le représentant du HCR est convaincu qu’il est toujours important de résoudre les problèmes des réfugiés à travers le dialogue et les discussions. C’est dans ce cadre qu’il a soulevé cette question hier lors de son entretien avec le président rwandais et aujourd’hui avec le président Nkurunziza, a-t-il dit. Bien que la collaboration avec le Rwanda sur la question des réfugiés reste encore compliquée, il a promis d’œuvrer en faveur de la mise en place et la facilitation d’une concertation et d’un dialogue dans un cadre tripartite impliquant le Burundi, le Rwanda et le HCR. Le but étant d’examiner toutes les questions relatives aux réfugiés burundais vivant au Rwanda. Un autre point évoqué lors de l’audience est la controverse autour des effectifs de Burundais encore en situation de réfugiés dans les pays voisins. Bien que M. Grandi ait refusé d’admettre qu’il s’agit de faux chiffres, il a promis que ces chiffres vont être vérifiés. L’enregistrement biométrique, le plus sûr d’ailleurs, a déjà commencé dans les pays qui hébergent les réfugiés burundais. « Ma tournée va aussi dans le cadre d’accélérer ce processus qui est très important », a-t-il souligné. Il a réfuté les accusations selon lesquelles le HCR empêcherait des réfugiés qui veulent rentrer volontairement chez eux. « Comment le HCR peut-il empêcher des gens qui veulent retourner chez eux ? », s’est-il interrogé, en admettant que son organisation est contre le retour forcé car, a-t-il expliqué, cela est contre la pratique et les principes du HCR.

En marge de cette rencontre avec le président Nkurunziza, le représentant du HCR va d’ailleurs visiter, demain, le camp des réfugiés congolais de Musasa en province Ngozi (nord) pour voir lui-même la situation. Source : ABP

 

 

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