Guide de gestion d’une microentreprise

mardi 6 octobre 2009,par Jean Bosco Nzosaba

Le défi de relance de l’économie burundaise, mise à mal par des années de guerre, procède par une réflexion approfondie devant aboutir à proposer une forme de redynamisation de l’ensemble des couches sociales comme des acteurs du développement. C’est pourquoi l’OAG, préoccupée par la réussite de la création de nouveaux emplois rémunérateurs, l’amélioration des revenus des familles en milieux urbain et rural, l’augmentation de la production des biens et des services, la valorisation de la production locale et la réduction de l’exode rural, élabore un GUIDE DE MISE EN PLACE ET DE GESTION D’UNE MICROENTREPRISE au Burundi. Ce guide se veut un outil au service de toute(s) personne(s) physique(s) ou morale(s) désireuse (s) de s’installer à son compte en réponse à plusieurs aspirations. C’est également une contribution utile pour la mise en œuvre du CSLP et des OMDs. Ce guide se structure en quatre chapitres : Chapitre I : NOTIONS DE BASE DES MICROENTREPRISES, donne les définitions des termes basiques et de concept de la microentreprise. Cette partie fait un distinguo entre une microentreprise et une grande entreprise en donnant les caractéristiques spécifiques retraçant leur structuration et leur gestion simplifiées et surtout leur flexibilité et facilité décisionnelle comprises comme atout majeur pour répondre rapidement aux besoins du marché (facteur de compétitivité) par rapport aux grandes entreprises dont les décisions prennent du temps car devant interroger plusieurs paramètres. Chapitre II : PROCESSUS DECISIONNEL DE MISE EN PLACE D’UNE MICROENTREPRISE, décrit les cinq phases importantes de la création d’une microentreprise à savoir : La phase indicative qui a pour objectif de faire comprendre au futur microentrepreneur que la microentreprise est une source d’emplois et de revenus. Elle démontre l’importance des microentreprises dans la mesure où elles constituent un réservoir de taille en termes de secteur pourvoyeur d’emplois et de pression sur les politiques une fois bien structurée. Cette première partie a consisté également en une exploration des différents secteurs porteurs d’opportunité d’emplois et de revenus. Ils sont notamment du ressort du primaire, du secondaire et du tertiaire. La phase d’identification indique que le futur microentrepreneur doit observer son environnement et regarder autour de lui. Les idées (produits ou services) retenues sont examinées une à une par rapport à leur disponibilité et à leur accessibilité. Les compétences utiles et nécessaires sont aussi évoquées dans cette phase. Les principaux facteurs de succès sont évoqués et surtout ceux qui matérialisent le ferme engagement. Elle précise les différents éléments principaux d’étude du marché en termes d’environnement encourageant (existence d’un marché d’approvisionnement, d’écoulement,..). La phase d’instruction justifie la décision de création de la microentreprise qui est le reflet d’une analyse lucide de la situation de départ. Elle pose le problème d’élaboration de microentreprises exprimées globalement en objectifs, résultats et activités, en vue de déterminer s’il faut, ou non, entreprendre. L’objectif de cette phase est de permettre au futur utilisateur du guide d’arriver à monter une microentreprise génératrice d’emplois et de revenus. Elle montre que la création d’une microentreprise telle qu’envisagée milite en faveur des formes associatives pour les besoins de mettre ensemble les moyens financiers souvent insuffisants chez les microentrepreneurs. Le cadre logique est présenté comme une méthode de planification et d’analyse pour assurer la bonne marche de la microentreprise. La logique d’intervention donne les étapes qui doivent être réalisées pour contribuer aux objectifs. Les « indicateurs objectivement vérifiables » sont présentés comme des descriptions opérationnelles permettant de juger de la pertinence et de la viabilité d’une microentreprise. Toute initiative nouvelle se justifie par rapport à ce qu’elle apporte en termes de gain. C’est pourquoi avant d’entreprendre toute action, il importe d’interroger sa rentabilité. De façon schématique, elle peut être mise en évidence par l’établissement d’un tableau qui représente la détermination du résultat net d’exploitation. Le solde que présente ce tableau renseigne à suffisance s’il faut, ou non, entreprendre. La phase de Financement traite des coûts de la microentreprise qui se divisent en coûts d’investissement et de fonctionnement. Elle montre les différentes sources de financement tel un apport propre et /ou un emprunt. Elle distingue les différentes contributions en financement tels le capital, les dons, les legs et les subventions. Cette partie décrit les sources d’emprunt en s’efforçant de dégager les conditionnalités de l’obtention d’un crédit mais aussi les risques que présente ce genre de financement afin de diminuer autant que faire se peut les conséquences fâcheuses suite à l’incapacité éventuelle de remboursement. La phase de Mise en Œuvre de la microentreprise propose d’emprunter la méthode de Gantt qui préconise une planification opérationnelle par des étapes chronologiques impliquant un déblocage progressif des coûts requis. Chapitre III : GESTION D’UNE MICROENTREPRISE, parle des normes de gestion courante. Elle présente un bilan et explique les éléments constitutifs de celui-ci. La gestion passe nécessairement par une analyse financière tel que présentée par un tableau de détermination du résultat net pour cette fin. Il est précisé que le compte du résultat est à établir à la fin de chaque exercice pour dégager la santé financière de la microentreprise. La gestion nécessite l’usage et la tenue des différentes pièces comptables présentées dans cette partie pour assurer un minimum de fiabilité, viabilité et un maximum de transparence de la gestion. La conception et la planification se basant sur des données théoriques, la nécessité de procéder au suivi-évaluation est évoquée. Il est donc recommandé de procéder au suivi pour vérifier si la microentreprise réalise ses activités comme prévu ainsi qu’une évaluation permettant d’apprécier systématiquement et objectivement des réalisations en vue de juger de la pertinence et de la performance de la microentreprise. La promotion des microentreprises comme réponse à la paupérisation des populations des pays pauvres intègre la dimension sociétale et celle de rentabilité. Des conseils sont donnés pour éviter la dérive d’une microentreprise. Chapitre IV : CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS, ce chapitre appuie les démarches développées. La croissance ne peut véritablement s’envisager sans une réelle impulsion de la production. Cela passe par la redynamisation du secteur productif, la revalorisation des métiers, un encadrement suffisant de la population urbaine et rurale. Des recommandations sont formulées à l’endroit tant de la Société Civile, de l’Administration, des Partenaires Techniques et Financiers afin d’encourager l’appropriation du présent guide pour un meilleur plaidoyer de son utilisation. Il insiste sur le soutien que doit apporter le gouvernement par des mesures incitatives en vue de stimuler la mise en place des microentreprises. Aux futurs utilisateurs, il est recommandé de bien observer les étapes que propose le guide ainsi que leur entière application pour une mise en place efficiente de leurs microentreprises.
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