le gotha du monde féminin se retrouve à Bujumbura

mardi 9 juillet 2013,par Jean Bosco Nzosaba

Bujumbura, la capitale burundaise abrite à partir du 9 juillet, une conférence régionale des femmes sur la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs. Il est attendu environ 150 participants dont de hautes personnalités à cette conférence organisée conjointement par le gouvernement du Burundi, l’ONG Femmes Africa Solidarité (FAS) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). La première dame de France Valérie Trierweiler, le ministre français déléguée de la Francophonie, le ministre français chargé de la Francophonie, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies dans la région des Grands Lacs (l’ancienne présidente irlandaise), Mary Robinson, les femmes ministres et femmes parlementaires, les réseaux des femmes des pays signataires, les femmes leaders et les confessions religieuses de la région des Grands Lacs feront aussi le déplacement de Bujumbura. L’un des objectifs de cette conférence consiste à consulter, informer et sensibiliser les groupes de femmes ainsi que les femmes leaders de la région sur l’accord-cadre PSC (Paix, sécurité et coopération) en vue d’élaborer une feuille de route. L’autre objectif est de réactualiser le plan d’action sous régional de mise en oeuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (2000), tout en l’articulant à l’Accord-cadre. Le 24 février 2013, 11 pays africains ont signé l’« Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la région ». C’est un accord qui constitue une étape importante dans les efforts déployés aux niveaux national, régional et international pour instaurer la paix en RD Congo et dans la région des Grands Lacs. Au cours d’une conférence de presse organisée lundi à Bujumbura à la veille de la conférence, la ministre burundaise de la Solidarité nationale, des Droits de la personne humaine et du Genre, Mme Clotilde Niragira a déclaré que le Burundi qui est un pays voisin de la RD Congo est intéressé par la mise en oeuvre de l’accord-cadre parce que la paix et la sécurité retrouvées en RD Congo intéresse aussi le Burundi. C’est un accord important pour la région et toute la communauté internationale. En plus, les conséquences néfastes des conflits observées en RD Congo a des répercussions sur le Burundi. Elle a cité les conséquences du point de vue politique et social. Elle a précisé que le Burundi agit avec les autres Etats de la région dans ce genre de recherche de paix et de sécurité pour aboutir à un résultat escompté qui est le retour de la sécurité et de la paix en RD Congo et dans la région des Grands Lacs. Elle a rappelé que la mise en oeuvre de l’accord-cadre a commencé par la nomination de l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies, Mme Mary Robinson. Maintenant, les pays doivent respecter leurs engagements et mettre en oeuvre l’accord-cadre en commençant par la mise en oeuvre à l’interne en RD Congo. Il est prévu la création d’un mécanisme national en RD Congo pour le suivi et la mise en oeuvre de l’accord-cadre. La création d’un mécanisme régional de suivi est prévue pour son suivi et mise en oeuvre au niveau régional. La région des Grands Lacs va en outre déterminer les critères et les mesures de mise en oeuvre de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RD Congo et dans la région. Une feuille de route est également prévue pour contribuer à la mise en oeuvre de cet accord. « Nous cherchons aujourd’hui que les femmes burundaises et les femmes de la région puissent s’impliquer pour sa mise en oeuvre. Elles doivent travailler en synergie et canaliser leurs énergies. Ensemble les femmes agissent et elles changent des choses », a souligné la ministre Niragira. Le secrétaire exécutif de la CIRGL, le Pr Ntumba Luaba a pour sa part indiqué que l’accord-cadre vient renforcer le contenu des obligations majeures qui figurent dans le pacte sur sécurité, la stabilité et le développement de la CIRGL et les différents protocoles. La CIRGL tient à impliquer toutes les forces vives de la région pour que la sécurité et le développement se consolident dans la région. La 1ère obligation incombe à la RD Congo. Il faut que la RD Congo approfondisse la réforme du secteur de sécurité (l’armée, la police, l’administration, la justice). D’après le Pr Luaba, le président Obama a lui aussi dit dernièrement que le gouvernement de la RD Congo doit faire davantage dans le domaine de la sécurité. « Grâce à cinq sommets de chefs d’Etats et de gouvernements tenus l’année dernière, la CIRGL a pu obtenir comme premier résultat de gérer l’expansion géographique du M23 », s’est réjoui le Pr Luaba. La présidente de FAS, Mme Marie Luise Baricako a fait savoir que son organisation est là dans l’esprit et la lettre de promouvoir le leadership féminin dans la prévention, la gestion et le règlement des conflits, la reconstruction et le développement. Le travail que fait FAS depuis 1996 est d’accompagner les femmes des pays en difficulté afin qu’elles puissent s’organiser pour s’impliquer dans la recherche de la paix et du développement de leurs pays. En 1997, l’ONG a soutenu les femmes burundaises pour demander une place dans les négociations d’Arusha. L’organisation a été à Sun City avec les femmes de la RD Congo et à côté des autres femmes africaines comme au Sierra Léone, Libéria, Guinée, Côte d’Ivoire. « Nous faisons ce travail de plaidoyer et de soutien des femmes en difficulté et des femmes africaines pour avoir de l’espace d’intervention parce que nous pensons et nous croyons fermement que la femme a beaucoup à donner à l’Afrique dans la gestion de la chose publique, dans la gestion des questions de paix, de sécurité et de développement, en plus d’être cultivatrice, ménagère, mère et épouse », a précisé Mme Baricako. L’ensemble des pays de la région des Grands Lacs et particulièrement la RD Congo, a-t-elle conclu, ont été en proie à l’insécurité au cours des dernières décennies à cause des conflits armés, entraînant une crise humanitaire qui s’est installée dans la région, ajoutant que cet état a lourdement affecté les populations civiles, particulièrement les femmes et les enfants, causant des millions de morts et de personnes déplacées.

 

 

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