Burundi : L’opposition secouée par des divisions intestines à 4 mois des élections

jeudi 12 mars 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Burundi : L’opposition secouée par des divisions intestines à 4 mois des élections

L’opposition burundaise, souffrant de profondes divisions à quatre mois du scrutin présidentiel, doit s’entendre sur une vision commune, afin de pouvoir faire face au parti présidentiel lors des élections de 2015, soutient à Anadolu le politologue -Chercheur burundais à la Chaire Unesco, Gérard Birantamije.

Alors que l’opposition et la société civile s’annoncent plus que jamais solidaires et déterminés à tenir tête au président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis une décennie et qui entretient toujours le mystère sur une éventuelle candidature à la présidentielle à venir, les principales coalitions politiques se montrent loin d’accorder leurs violons pour adopter une stratégie commune.

Pour M.Birantamije, "l’ennemi commun » doit plutôt rassembler que diviser. Or, ce n’est pas le cas de l’opposition actuellement. En effet, les leaders des différents partis semblent avoir entrepris, selon lui, une course contre la montre, cultivant tous des ambitions : occuper la tête de l’Etat". Il s’agit de Léonce Ngendakumana, du parti Sahwanya Frodebu faisant partie de l’Alliance des démocrates pour le changement « Adc-Ikibiri », Alexis Sinduhije du parti Mouvement pour la solidarité et le développement« Msd » de la même coalition, Agathon Rwasa, président des Forces Nationales de libération « Fnl », aile non reconnu par le ministère de l’Intérieur et président du Rassemblement National pour le changement « Ranac » qui se présente aujourd’hui en indépendant, Jean Minani, président du Parti Sahwanya-Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye et Léonard Nyangoma, président du Conseil National pour la défense de la démocratie « Cndd) ».

Ces candidatures multiples aurait occasionné, explique-t-il à Anadolu, un certain effritement des voix au profit du président Nkurunziza en cas d’admission de sa candidature. Le 20 mars 2014, Pierre Nkurunziza, avait avancé un projet de révision de la Constitution, qui fut finalement rejeté par l’Assemblée nationale mais qui, selon la loi, peut à nouveau être soumis aux députés pour adoption, après une année d’attente. Le président pourrait donc lancer une deuxième tentative avant les élections de juin, dans l’objectif de briguer un troisième mandat.

Une telle initiative, continue à inquiéter la société civile et l’opposition burundaise qui craignent un accaparement du pouvoir puisque, selon eux, le chef de l’Etat a encore la possibilité de passer en force à la Cour constitutionnelle, à laquelle l’opposition reproche « un manque d’indépendance ».

L’opposition et la société civile ont dernièrement menacé d’un « soulèvement populaire » et d’un « scénario à la burkinabé » si le président Nkurunziza viole la Constitution et impose par la force un troisième mandat.

Le suspens continue au Burundi et une scène politique s’annonce explosive. Source : Anadolu

 

 

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