Burundi : la société civile revient à la charge pour dire « Halte au Troisième Mandat »

jeudi 19 mars 2015,par Jean Bosco Nzosaba

Burundi : la société civile revient à la charge pour dire « Halte au Troisième Mandat »

Les organisations burundaises de la société civile ont décidé de ne pas baisser la garde tant que le Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, n’aura pas explicitement renoncé à briguer un 3ème mandat.

Dans une conférence de presse qu’ils ont organisée ce 19 mars à Bujumbura, les leaders de 300 associations engagées dans la campagne « Halte au troisième mandat » ont exhorté le Président de la République à rompre son silence.

« Malgré la mobilisation planétaire pour conseiller le Président Nkurunziza de ne pas briguer le troisième mandat, des conseils prodigués notamment par la société civile, les partis politiques, la conférence des évêques catholiques du Burundi, les Etats Unis d’Amérique, les Etats membres de l’Union Européenne, les sages du monde réunis dans le cercle créé par Mandela, pour ne citer que ceux-là, tout prête aujourd’hui à confirmer que Nkurunziza veut braver la planète et briguer le troisième mandat », ont-ils indiqué dans une déclaration distribuée aux médias ce matin.

« Les faits prouvent à suffisance qu’il y tient. C’est notamment la récente déclaration du Président du parti au pouvoir (conseil national pour la défense de la démocratie-forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) est clair que le parti n’a de meilleur candidat que Nkurunziza et que se militants s’abstiendront de voter s’il n’était pas présenté ; les manifestations organisées dans la province natale du Président, avec des chants à l’appui, par les Imbonerakure(ligue des jeunes du parti présidentiel, Ndlr) dont certains fonctionnaires, affirmant avoir juré que Peter Nkurunziza est candidat » a également déclaré, ce matin, Pacifique Nininahazwe du Forum pour la conscience et le développement.

Par ailleurs, ces organisations confirment encore une fois « leur fermeté et détermination à protester contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza car il constitue la violation arrogante de l’Accord d’Arusha et de la constitution…mettent en garde l’Etat du Burundi en général et le Président de la République sur leur responsabilité en cas d’atteinte à la vie ou de tout autre droit suite à la mobilisation contre le 3ème mandat ….interpellent le Peuple burundais à rester serein et à se mobiliser pour défendre l’accord d’Arusha, la constitution, les principes démocratiques qui supposent l’alternance et les droits humains », indiquent-elles encore dans leur déclaration de ce jeudi.

A deux mois des élections présidentielles, le Président burundais maintient toujours un suspens quant à son éventuelle candidature pour une 3ème fois consécutive. Mais une partie de son entourage ne fait pas mystère de son imminent comeback. Mais la société civile a juré de lui barrer la route.

 

 

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