La BAD œuvrera à "stopper l’avancée du désert" pour l’essor de l’agriculture africaine

mercredi 17 juin 2015,par Jean Bosco Nzosaba

La BAD œuvrera à "stopper l’avancée du désert" pour l’essor de l’agriculture africaine

La Banque africaine de développement « BAD » qui vient d’élire son nouveau président, le Nigérian Akinwumi Adesina, s’emploiera désormais à stopper l’avancée du désert pour servir le développement agricole, augure l’universitaire sénégalais, Serigne Ousmane Beye. « Le nouveau Président de la BAD, est surtout attendu dans le développement de l’agriculture, de la reforestation pour freiner l’avancée du désert, qui constitue un véritable défi », souligne l’enseignant à l’Université de Cheikh Anta Diop de Dakar.

Aujourd’hui, les deux tiers de l’Afrique sont d’ailleurs désertiques ou fortement dégradés, selon l’Institut de recherche pour le développement de France « IRD ».

Cette désertification du continent a gravement affecté le secteur agricole, générant famine et conditions de vie précaires. En effet, 226,4 millions de personnes souffrent de malnutrition en Afrique, dont 222,7 millions en Afrique de l’ouest en 2011 selon l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture "FAO".

Le nouveau Président de la BAD sait très bien, note M. Beye, qu’il est attendu sur le plan de l’autosuffisance alimentaire en Afrique. Le défi de la majeure partie des pays du continent, étant de produire suffisamment en matière agricole pour nourrir les populations africaines et s’affranchir ainsi de l’aide alimentaire et/ou des importations de céréales.

Adesina s’inscrira dans la durée pour ainsi poursuivre le travail de son prédécesseur avec un changement au niveau des priorités, analyse le chercheur sénégalais.

Au fil des ans, le désert a gagné du terrain vers le Sud. Depuis près d’un demi-siècle, l’Afrique aurait perdu un territoire grand comme la France, avancent d’autres experts.

Pour y remédier, des pays africains ont entrepris la mise sur pied d’un projet baptisé « La Grande muraille verte ». Cela consiste en une bande végétale continue, de 15 kilomètres de large sur 7.000 kilomètres, qui traverserait l’Afrique d’Ouest en Est.

M.Adesina continuera sur ce chemin pour, entre autres, renforcer cette grande muraille verte, projet qui s’appuie sur les enseignements tirés du Barrage vert, lancé en Algérie, dans les années 70.

« La BAD a beaucoup investi dans l’énergie et les infrastructures en Afrique. Cependant, beaucoup de choses restent à faire. Mais, Monsieur Adesina, le nouveau Président de la BAD, est surtout attendu dans le développement de l’agriculture et la reforestation », insiste-t-il.

La lecture de l’enseigant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar prend racine dans le cursus du nouveau patron de l’Instance financière panafricaine. « Faut-il rappeler que Monsieur Adesina est un spécialiste de l’agriculture ? Il a eu un baccalauréat en économie agricole et il est titulaire d’un doctorat en économie agricole. Il était aussi vice-président des politiques et des partenariats de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique(AGRA), sans compter qu’en tant que ministre de l’Agriculture et du Développement rural de son pays, le Nigéria, il a révolutionné l’agriculture nigériane », fait observer l’économiste.

Appréciant les prestations jusque-là fournies par la BAD sur l’ensemble du continent, M.Beye note que le plus grand bailleur de fonds en Afrique a toujours essayé de « faire de son mieux ». Toutefois, il est appelé à « réorienter ses interventions beaucoup plus vers le secteur de l’agriculture, sans pour autant négliger les autre secteurs ».

Il appelle, au demeurant, le nouveau patron de la BAD à éviter de favoriser une communauté linguistique au détriment d’une autre. « Il faut briser ces frontières linguistiques, car c’est un fait colonial », conclut-il. Certains observateurs ont laissé entendre que la BAD aurait beaucoup plus servi les pays anglophones que ceux francophones, ces dernières années.

 

 

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